Dans un geste d'appui aux opposants, Paul Shoiry a été le seul membre du conseil de l'arrondissement de Sainte-Foy–Sillery à voter contre les dérogations.
Les opposants ne lâchent pas prise
Construction de trois nouvelles maisons sur l'avenue des Gouverneurs
Malgré une opposition vigoureuse des citoyens du secteur, les élus de l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery, à l'exception du conseiller Paul Shoiry, ont appuyé les demandes de dérogations d'un propriétaire de l'avenue des Gouverneurs qui lui permettent de diviser son terrain et d'y construire trois nouvelles maisons. Les résidents ne baissent toutefois pas les bras et ils entendent maintenant faire appel aux tribunaux pour faire renverser la décision.
Mis au fait de l'intention des élus d'accorder les dérogations, plusieurs résidents de l'avenue du district de Sillery leur ont clairement signifié leur mécontentement lors de la dernière séance de l'année du conseil d'arrondissement. N'ayant pas réussi à convaincre le conseil de faire marche arrière, ils ont mandaté l'avocat Pierre Laurin, spécialiste du domaine municipal, afin de pousser plus loin leurs démarches. Dans un premier temps, une mise en demeure a été transmise à la Ville afin d'empêcher le promoteur, le groupe Gexco, de débuter les travaux.
Le projet de subdiviser le terrain de l'avenue des Gouverneurs en quatre lots, qui devait obtenir des dérogations afin notamment de permettre de construire sur des espaces de superficies inférieures aux 900 mètres carrés prévus dans la règlementation, avait fait l'objet d'une consultation publique en septembre dernier. Les élus avaient alors reporté leur décision, le temps de bien analyser le dossier. Ils ont finalement donné le feu vert au promoteur le 10 décembre dernier.
«Dans le rythme de développement de la rue, nous avons évalué que c'était un projet acceptable, a expliqué Marie-France Loiseau, directrice de la division de l'aménagement du territoire à l'arrondissement. Une municipalité n'a pas de contrôle sur les projets qui lui sont présentés. Elle doit les étudier sérieusement et faire ses recommandations.»
S'ils ont accordé les dérogations, les élus ont toutefois mis quelques conditions. Le propriétaire devra entre autres préserver une partie des arbres selon les indications d'un arboriculteur professionnel et s'engager à remplacer, dans la mesure du possible, ceux qu'il devra abattre.
Des débats animés
Le conseiller Paul Shoiry, qui a voté contre les propositions accordant les dérogations, a invité ses collègues à réfléchir attentivement avant de se prononcer. «Une des qualités de l'arrondissement et du district c'est la beauté de ses aménagements et de ses arbres et il faut éviter de réduire les terrains comme on veut le faire ici», a-t-il mentionné.
Le conseiller André Demers, qui s'est fait le principal défenseur de la décision, estime qu'il aurait été beaucoup plus périlleux de refuser les dérogations. «Sur un des lots, le propriétaire aurait pu faire pratiquement n'importe quoi, a-t-il souligné. Ce qui serait bien plus dommageable, ce serait une construction non encadrée. Nous avons aussi analysé les impacts d'une non-décision ou d'une décision contraire.»
«La dérogation est le meilleur outil pour négocier certains aspects comme la coupe d'arbres, a ajouté son collègue Jérôme Vaillancourt. Nous avons pris notre décision dans l'intérêt collectif.»
Les résidents de l'avenue des Gouverneurs, qui bénéficient de l'appui du conseil de quartier de Sillery, ne voient cependant pas la situation du même œil. Plusieurs sont convaincus que la Ville s'est trop avancée auprès du propriétaire en lui laissant entendre qu'il bénéficiait droit acquis qui faciliterait l'acceptation de son projet ce qui n'était finalement pas le cas.
«C'est un geste qui créera un dangereux précédent qui affectera tout le territoire de l'arrondissement», affirme André Chabot, porte-parole des opposants.