La revente immobilière se met à l’heure d’Internet
La popularité de la vente immobilière sans intermédiaire est indéniable. Selon des estimations de la Société canadienne d’hypothèque et de logements de 2006, 50 % des propriétés vendues au Québec l’ont été sans intermédiaire. La multiplication des plateformes et la rapidité à laquelle Internet évolue contribuent largement à cet essor.
Pour le président-directeur général de l’Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ), Robert Nadeau, la situation est difficilement mesurable. «Je ne sais pas à quel point des sites Internet comme duproprio.com peuvent nuire aux agents immobiliers», admet-il.
Le pgd insiste toutefois sur le fossé qui sépare les deux types de vente. «Duproprio.com, c’est tout d’abord un service de publicité. Le concept se compare à l’utilisation d’une pancarte et d’un site Internet. Les agents immobiliers ont d’abord et avant tout un devoir de conseiller et ils connaissent très bien les rudiments d’une transaction immobilière», d’ajouter M. Nadeau.
L’entreprise Internet duproprio.com gagne quant à elle en popularité. Et son président-directeur général, Nicolas Bouchard (aucun lien avec l’auteure), ne s’en cache pas. «Dépendamment des secteurs, le taux de vente peut atteindre les 85 %», affirme le jeune entrepreneur. Selon lui, la vente sans intermédiaire est au Québec ce que le vin est à la France. «Une foule de facteurs expliquent la popularité de notre concept. Dont le fait que c’est inscrit dans la culture québécoise de vendre par soi-même. Les anglophones sont plus enclins à prendre un agent. Entre 10 et 15 % des gens optent pour la vente sans intermédiaire au Canada anglais, alors qu’au Québec, ce taux grimpe à 50 %», souligne M. Bouchard.
La popularité soudaine pour ce type de vente sans intermédiaire n’est pas sans alarmer l’ACAIQ. «Ce qui nous inquiète avec ces nouveaux services, c’est lorsque les services offerts s’apparentent au courtage. Par exemple, que la liste d’acheteurs soit transmise au vendeur ou que de la sollicitation soit exercée pour faire de la vente», précise Robert Nadeau.
Progression constante
Duproprio.com a connu une très forte croissance au cours des dernières années. Alors que l’entreprise s’apprête à célébrer ses 10 années d’existence, de nombreux projets se pointent à l’horizon. Un nouveau site contenant nombre de vidéos ayant trait à l’immobilier devrait incessamment voir le jour et une succursale sera implantée à Toronto. Le pdg affirme que son «bébé» va à merveille. Et qu’il ne cesse de grandir. «Nous sommes passés de 5 employés en 2001 à 70 en 2007. Nous avons connu une croissance soutenue de 50 %», précise-t-il.
Le service n’est cependant pas gratuit : les vendeurs doivent payer le montant fixe de 500 $. Un montant qui englobe la diffusion de la vente sur Internet, ainsi que certains outils tels les services d’un photographe.
«On ne peut pas vendre toutes les propriétés, c’est un fait. Tout le monde vit ce marché», spécifie le pdg de duproprio.com. Mais avec une moyenne de 700 000 visiteurs par mois et un taux de vente atteignant 85 % dans certains secteurs, le pdg affirme, preuves à l’appui, qu’Internet est devenu un outil incontournable pour les agents immobiliers. Ceux-ci y recourent d’ailleurs de plus en plus comme complément de services.