Lettre ouverte au cardinal Marc Ouellet
Monseigneur Marc Ouellet, archidiocèse de Québec, je faisais tranquillement mon travail de provocateur à la télé quand je me suis dis: «il faudrait tout de même que je remercie cet homme. Il vient de donner un sérieux coup de pouce à ma foi latente.»
Un jour, en Gaspésie, face à la mer, dans mon jardin, je regarde une fleur et je pense bêtement: il doit bien y avoir quelqu’un qui a dessiné tout ça. Par la suite, chaque fois que je retournais à cet endroit, je me morigénais: tu vas quand même pas te mettre à croire en Dieu!
Quand j’avais 13 ans et que le père l’Heureux du Collège Sainte-Croix m’a agressé, il y avait en moi toute la passion du monde pour le sacré. La preuve, j’ai célébré le théâtre toute ma vie. Pour moi, ce sacré-là n’a jamais été entaché. Oh! peut-être par les Fées ont soif, je vous l’accorde.
Mais l’autre sacré, ma recherche de la grâce, je l’avais refoulé sans trop m’en rendre compte, trop occupé que j’étais à vous abhorrer. Après mon apostasie, je suis retourné dans mon jardin, intérieur cette fois, et j’ai enfin su qui avait dessiné la fleur.
Eh oui, c’est Dieu! Mais le mien, il a un nom de femme: la Nature. Et, je vais tout faire jusqu’à ma mort pour la protéger de ses pollueurs.
André Montmorency, apostat