Barbara Genest de l’escouade verte Laurier aide des clients de la Halte-Bouffe à identifier les matières récupérables dans leurs plateaux. «Nous faisons déjà le tri à la maison, affirme Mme Laforest de Charlesbourg. Je trouve juste normal d’avoir la possibilité de le faire dans des édifices publics comme Laurier».
Virage vert de Laurier: marketing ou réelle volonté?
Environ un million de repas seront servis pendant la période des fêtes à la Halte–Bouffe Laurier. La direction du centre commercial a récemment annoncé une initiative environnementale et lancer une escouade verte de sensibilisation des consommateurs à la présence d’une dizaine d’ilots de recyclage. Mais n’y cherchez pas l’escouade verte pendant votre magasinage des fêtes, le mandat confié à l’équipe de Québec’ERE, un organisme de sensibilisation et d’éducation à l'environnement, se terminait le… 25 novembre dernier, soit un mois avant Noël.
Lors de la conférence de presse, Barbara Genest, Marie-Claude Roy et Geneviève Lacroix, identifiées au nouveau logo vert de Laurier, aidaient les clients de la Halte-Bouffe à distinguer, dans leurs plateaux, les matières récupérables des déchets, et à en disposer de manière appropriée. Or, l’escouade verte n’était en action que du 21 au 25 novembre dernier et seulement sur les heures de pointe, alors que l’affluence s’étend sur plus d’un mois en cette période de magasinage intensif.
Efforts soulignés
Laurier a entrepris une série de mesures depuis cinq ans. Cela lui a valu d’être le premier centre commercial à obtenir une certification «Visez Vert» de l'Association des administrateurs d'immeubles du Canada. Cette sélection s’effectue selon dix critères, dont la consommation d’énergie, la gestion des déchets et la réduction de la consommation d’eau potable. Laurier est également la première organisation à recevoir le certificat niveau deux «ici on recycle» de Recyc-Québec.
En 2006, la première destination touristique de la région de Québec –après le Vieux-Québec– a investit 1,5 M$ afin de réduire sa consommation d’énergie notamment par le contrôle de l’éclairage et de la ventilation. La majorité des 350 commerces sont désormais équipés d’un compteur d’eau et les locataires sont facturés selon leur consommation. Les toilettes et robinets du complexe sont également munis de régulateurs afin de réduire la consommation d’eau potable. La peinture, plutôt que d’être jetée, est mélangée et sert à rafraichir des sections moins visibles de l’édifice, tels les entrepôts.
Les matériaux résiduels de construction et de rénovation des commerces sont réutilisés aussi dans les entrepôts. Les palettes de bois, huile de friture, huiles usées, pots de peinture vides et articles trouvés y sont également pris en charge.
La direction de Laurier assure s’être engagée dans une nouvelle façon d’agir pour le respect de l’environnement. Toutefois, toutes ces mesures sont rentables. «Elles génèrent des économies immédiates ou seront amorties sur quelques années. Les économies d’énergies permettront d’épargner 250 000 $ par an», énonce Pierre Léveillé, directeur général du centre commercial.
Temple de consommation
Il est ironique que le plus grand centre commercial de l’est du Canada ait reçu ces deux reconnaissances vu la nature de l’institution: un temple dédié à la consommation. Tous les groupes environnementaux pour une meilleure gestion des déchets s’entendent sur une chose: le meilleur déchet est toujours celui qu’on ne produit pas. Selon les écologistes, avant d’investir dans le recyclage, la réutilisation et la revalorisation, il vaut mieux réduire la consommation à la source.
Est-ce que le virage vert du centre commercial Laurier se prolongera jusqu’à sensibiliser sa clientèle, à l’approche des fêtes, à une consommation plus responsable? «Ce n’est pas dans notre mandat», termine M. Léveillé.