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Une essentielle transparence

Article mis en ligne le 10 décembre 2007 à 11:00
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Une essentielle transparence
En entrevue au 93,3 la semaine dernière, Pierre Boulanger, président de la Société du 400e anniversaire de Québec, a refusé de se soumettre volontairement à la Loi d’accès à l’information, et ce, même si cette société gère 85 M$ de fonds publics.
M. Boulanger a expliqué que cette société fut créée par la Ville en 2000, afin de faciliter le transfert des fonds gouvernementaux (40 M$ du fédéral, 40 M$ du provincial et 5 M$ du municipal) devant servir à célébrer le 400e anniversaire de Québec. La Société est aussi responsable de l’organisation. Toutefois, en créant une telle société privée, on la soustrayait du même coup à la Loi d’accès à l’information du Québec. Cette loi garantit à toute personne un droit d’accès aux documents de quelque 2 800 organismes publics (ministères et organismes gouvernementaux; municipalités, commissions scolaires, cégeps, universités; centres hospitaliers, etc.).

En langage clair, grâce à cette loi, tout citoyen peut connaître le salaire d’un élu, avoir accès à ses comptes de dépenses, vérifier la teneur des contrats accordés par une municipalité, une commission scolaire, etc. Depuis plusieurs mois, de nombreuses rumeurs circulent sur la gestion de la Société du 400e. M. Boulanger rétorque que la société qu’il dirige se conforme à des normes strictes et qu’elle est transparente.

Lorsque confronté à certaines questions précises, comme son salaire ou celui de certains dirigeants et le contenu de leurs comptes de dépenses, il se réfugie derrière le sceau de la confidentialité. Il en va de même lorsqu’on l’interroge sur le processus d’octroi de certains contrats ou mandats qui pourraient donner lieu à de possibles conflits d’intérêts, réels ou apparents. Cette façon de faire et son refus de se soumettre volontairement à la Loi d’accès à l’information alimentent donc les doutes plutôt que de les annihiler.

Le nouveau maire de la ville de Québec, Régis Labeaume, est conscient de la nécessité d’une véritable transparence. En entrevue au 93,3, il se disait d’ailleurs favorable à ce que la Société du 400e soit soumise à la Loi d’accès à l’information. Il saura sûrement convaincre le gouvernement du Québec et celui du Canada de prendre le même engagement. Je l’invite également à faire pression dans le même sens auprès des membres du Conseil d’administration de la Société du 400e.

Ces membres sont: Jean Leclerc, président; Mario Bédard, trésorier; David F. Blair, secrétaire; ainsi qu'Anne Demers, Diane Déry, Serge Allen, Pierre Boulanger, Michel Crête, Alain Dubuc, Daniel Gauthier, Gilles Fortin, Raymond Picard, Denis Ricard et Louis Rochette. Agissant comme représentant des gouvernements fédéral, provincial, municipal et des Affaires autochtones, quatre commissaires apportent aussi leur soutien et leur collaboration au conseil d’administration. Il s’agit de Raymond Lesage (Québec), Serge Allen (ville de Québec), Laurent Tremblay (Canada) et de Luc Lainé, (commissaire aux Affaires autochtones du Canada).

Toutes ces personnes seront sûrement d’accord avec M. Labeaume, notre nouveau maire. Si tel n’est pas le cas, nous serons en droit de nous demander ce que la Société du 400e a à cacher. Elle qui, rappelons-le, gère 85 M$ de fonds publics puisés à même nos impôts.

* (Collaboration spéciale Jean-Claude L'Abbé)

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