Pour les effets spéciaux seulement!
Le cinéma IMAX des Galeries de la Capitale frappe un grand coup en présentant en exclusivité mondiale la version française en 3D de Beowulf. Québec étant principalement une ville composée d'amateurs de cinéma traduit dans la langue de Molière, ceux-ci ont donc l'opportunité de s'offrir un voyage au cœur d'une aventure mettant en vedette le héros éponyme.
Poème d'exception de la littérature anglo-saxonne, Beowulf se veut le récit des hauts faits d'un guerrier goth qui devra livrer trois principaux combats, d'abord contre Grendel, un monstre mangeur d'hommes, puis face à la mère de ce dernier. L'ultime affrontement l'opposera à un gigantesque dragon cracheur de feu, qu'il vaincra non sans y laisser une partie de son âme… et au péril de sa vie.
Sur le plan des effets spéciaux, l'illusion frôle la perfection. Grâce à la magie des grosses lunettes de plastique rouge, qui n'ont visiblement pas été conçues à partir de grands critères esthétiques (à éviter lors d'un blind date), le cinéphile se retrouve dès les premiers instants au cœur de l'action. Les chevaux qui foncent littéralement dans l'écran et les flèches qui sont projetées en direction de l'auditoire n'en sont que quelques exemples. Mais ce n'est rien en comparaison avec l'entrée en scène de Grendel, ce géant répugnant qui ne peut supporter le son des célébrations et qui prend un malin plaisir à interrompre ces dernières en s'adonnant à ce qui est convenu d'appeler «un grand ménage». Vraiment décoiffant.
Côté ambiance, l'environnement sonore est aussi à la hauteur des attentes. Les quelque 12 000 watts de son numérique ambiophonique en sont la raison principale, eux dont la puissance joue un rôle majeur dans ce grand voyage en trois dimensions.
Après les fleurs, le pot. Le scénario de Beowulf est, à mon humble avis, plutôt simple. Un méchant, une bataille. Un autre méchant, une autre bataille. Oh! Surprise! Un troisième méchant… alors pourquoi pas une troisième bataille? Trop d'ennemis vaincus trop rapidement, le tout laissant bien peu de place au développement des personnages et au tiraillement entre le Bien et le Mal. Pourtant, les possibilités étaient grandes.
D'autant plus que l'œuvre mise sur une brochette impressionnante d'acteurs dont Ray Winstone (Beowulf), Anthony Hopkins (Hrothgar), Robin Wright Penn (Wealthow), John Malkovich (Unferth) et Angelina Jolie (la mère de Grendel). Des stars qui voient toutefois leur performance altérée par la motion picture animation, une technique qui situe l'image quelque part entre la réalité et la bande dessinée. Vraiment dérangeant.
En résumé, le film de Robert Zemeckis, doté d'un budget avoisinant les 200 M$, se veut un divertissement honnête qui gagne à être vu en version IMAX. Sinon, le dvd fera certainement l'affaire.