Deux des membres clés du comité organisateur de l'Omnium canadien BDO de curling, Michel St-Onge (responsable des communications) et Jean Boivin (président). - (Photo Simon Clark)
Pas si «pépère» qu'il n'y paraît (3/4)
Si la croissance de sa popularité est indéniable, le curling fait tout de même face à son lot de préjugés alimentés par des dénigreurs mal informés qui ne se gênent pas pour le qualifier de sport de «pépère». «Le problème, c'est que notre sport a l'air facile quand il est pratiqué par des pros mais dès que les gens l'essayent, ils constatent rapidement que c'est beaucoup plus exigeant que ce qu'ils imaginaient», souligne Jean Boivin, président du comité organisateur de l'Omnium canadien BDO.
Jean Boivin sait de quoi il parle, lui qui compte à son palmarès, en tant que skip, de nombreux titres que ce soit au niveau régional ou provincial. Et pour lui, la grande beauté du curling est qu'il est accessible à tous.
«Pour quelqu'un qui ne veut pas investir beaucoup, il ne suffit que d'une bonne paire d'espadrilles et de vêtements confortables et les clubs prêtent gratuitement l'équipement de base, explique-t-il. C'est certain qu'il y a moyen d'investir dans de l'équipement plus sophistiqué mais encore là, ce n'est pas très dispendieux par rapport à d'autres sports comme le hockey.»
Et un peu sur le même principe que le golf, un joueur qui devient membre dans un club pourra jouer autant qu'il le veut sans débourser plus que sa cotisation annuelle. «Il y a de nombreuses ligues et les vrais mordus peuvent pratiquement jouer sept jours sur sept s'ils le veulent», explique le président.
Précision et stratégie
Jean Boivin décrit le curling comme un sport de précision et de stratégie. «On le compare souvent aux échecs mais avec l'aspect physique en plus», indique-t-il.
Point de vue stratégique, les équipes offensives préféreront laisser plus de pierres en jeu en espérant marquer plusieurs points alors que les formations plus défensives tenteront d'éliminer le maximum de pierres.
La mise en place du règlement de la zone de garde protégée, au début des années 90, a été un point tournant ayant largement contribué à l'augmentation de la popularité du curling. Cette règle stipule qu'aucune des pierres situées devant la maison ne peut être éliminée avant le cinquième lancer.
«Ça donne des parties beaucoup plus spectaculaires avec plusieurs pierres en jeu, mentionne le président. Auparavant, les joueurs se contentaient souvent de sortir toutes les pierres de l'adversaire et les matchs se terminaient avec des pointages très bas. Pour la télé, ce n'était pas très vendeur.»
À la base, l'équipe possédant l'avantage de la dernière pierre tentera donc de bâtir pour marquer plus d'un point alors que les adversaires tenteront plutôt de les limiter à un seul point pour reprendre l'avantage au bout suivant ou, dans un scénario idéal, de voler un ou plusieurs points.