Les candidats et les infrastructures sportives
Manque de terrains de soccer, projet du stade de soccer intérieur Chauveau qui piétine, piètre état des arénas ; les infrastructures sportives de la capitale ont fait couler beaucoup d'encre au cours des derniers mois. Avec sa deuxième question, Québec Hebdo a donc voulu en savoir un peu plus sur les orientations des candidats en cette matière.
Dans un élan de générosité, les gouvernements octroient à la Ville de Québec un montant de 50 M$ devant être consacré exclusivement aux infrastructures sportives. Comment allez-vous dépenser cet argent ?
Marc Bellemare (Vision Québec)
Le programme de Vision Québec prévoit que les fonds publics municipaux ne doivent pas être investis dans des infrastructures sportives d’envergure. Comme le 50 M$ proviendrait des gouvernements supérieurs, il pourrait servir tant aux équipements de proximité qu’aux infrastructures majeures. Voici comment cette somme pourrait être dépensée :
- 15 M$ pour la construction de deux stades de soccer intérieurs. La ville de Lévis a construit un tel stade, sobrement, pour la somme de 7 M$, Québec peut faire aussi bien. L’emplacement de ces deux bâtiments serait fixé en collaboration avec les associations locales;
- 5 M$ pour la construction de 4 surfaces synthétiques soccer/football;
- 5 M$ pour l’amélioration des arénas et surfaces naturelles existantes en fonction de deux critères : l’hygiène et la sécurité. Par exemple, nous aurions des facilités sanitaires partout, des buts solidement fixés, des douches qui fonctionnent et un éclairage adéquat.
- 25 M$ comme effet de levier (partenariat public-privé (PPP)) dans le but d’attirer des investisseurs privés pour un stade extérieur d’envergure et/ou un nouvel amphithéâtre (Colisée).
Ann Bourget (Renouveau municipal de Québec)
Quelle chance! Parce qu’il faudrait investir 70 M$ pour rénover les infrastructures sportives. Puisque je veux que ça bouge plus à Québec, j’investis cet argent dans nos arénas, nos piscines, nos centres communautaires dans des terrains de soccer synthétiques afin que les gens de Québec puissent sortir de la maison, se dégourdir les jambes et se tenir en forme.
Aussi, on gagne tous à investir dans les infrastructures sportives, Autant les tout-petits qui s’initient au patinage ou à la natation, que les jeunes adultes qui veulent profiter de ces moments pour aller rencontrer leurs amis en faisant du sport ou pour les personnes âgées qui pratiquent des activités afin de se garder en santé. C’est pourquoi j’en ai fait ma priorité.
Une ville dynamique, c’est d’abord une ville avec des gens en santé qui habitent des quartiers vivants. Avec cet argent, je vais aussi m’assurer de rénover les parcs de quartiers. Ces parcs sont aussi des lieux de rencontre pour les jeunes familles et favorisent le bon voisinage.
À quand le chèque?
Pierre Dolbec (indépendant)
Répartir la somme de deux grandes façons. Premièrement moderniser certaines infrastructures existantes qui ont été négligées au cours des dernières années. Il faut demeurer vigilant et éviter l'effet pansement sur une jambe de bois et ne pas investir aveuglement sur des infrastructures en ruine. On devra calculer le rapport investissement versus longévité.
Je veux utiliser une partie de la somme pour construire de nouveaux équipements en étroite collaboration avec les commissions scolaires qui offrent des programmes sport-études. Pour soutenir ces programmes très populaires chez les jeunes, nous devons fournir des installations appropriées. Cela permettrait également à la ville de proposer sa candidature pour recevoir des compétitions sportives nationales et même internationales entraînant des retombées positives à plusieurs égards. Les PPP seraient à considérer.
Je veux inclure dans le processus de sélection des fournisseurs, une obligation de partage de risques comportant des clauses de pénalité lors du non-respect des échéanciers et/ou du budget et de bonification lors de l'atteinte des planifications initiales.
Régis Labeaume (indépendant)
Vu l’état lamentable des finances de la ville et le sous-investissement dans nos infrastructures sportives sous l’administration du RMQ, une somme de 50 M$ serait la bienvenue. La Ville de Québec doit se donner deux grandes priorités sur le plan des infrastructures sportives : le soccer et les sports de glace. Nous avons près de 24 000 joueurs de soccer à Québec à qui la ville ne peut offrir de bons terrains de jeux en nombre suffisant. Que dire du fameux projet de terrain de soccer intérieur promis par l’administration L’Allier, mais jamais réalisé!
J’affecterais une partie de cet argent afin de remédier à cette situation. Mon fils joue au hockey depuis plusieurs années et j’ai pu constater qu’une majorité de nos arénas ont un urgent besoin de rénovation. La ville propose dans son PTI un plan de réfection d’un aréna par année au cours des 10 prochaines années. Bonne nouvelle! Mais avec de l’argent neuf, on pourrait faire encore plus vite. Parlez-en aux familles qui utilisent les arénas Gilles-Tremblay et Jacques-Côté !
Claude Larose (Action civique de Québec)
Ma priorité va aux installations permettant la pratique de sports pour toutes les catégories d’âge dans chacun des arrondissements. Il est important d’encourager l’activité physique comme facteur de santé physique et mentale. Comme les besoins sont très grands dans tous les arrondissements, j’utiliserais les 50 M$ pour cinq priorités.
Je consacrerais 10 M$ pour la contribution de la Ville, dans le projet d’agrandissement du PEPS de l’Université Laval, permettant ainsi d’ajouter une piscine et un stade de soccer.
J’affecterais 10 M$ comme part de la Ville, dans un projet de centre multi-sports (piscine et aréna) dans l’Est de la Ville (Charlesbourg-Beauport).
J’offrirais 10 M$ pour le projet de stade de soccer au parc Chauveau et 10 M$ pour des terrains de soccer dans tous les arrondissements.
Enfin, je réserverais 10 M$ pour le programme de rénovation des arénas.
Christian Légaré (indépendant)
Les infrastructures sportives de la Ville de Québec sont, dans certains arrondissements, en très mauvais état. Les principaux responsables sont tout d’abord les élus qui se sont succédés à la Ville depuis les 30 dernières années et je n’oublie surtout pas le Renouveau municipal de Jean-Paul L'Allier ainsi que Claude Larose et Ann Bourget, qui ont fait preuve de négligence et d’un manque de vison. Avant d’investir des sommes d’argent dans des arénas par exemple, il serait approprié de faire un inventaire de tous nos équipements sportifs. Est-il plus rentable pour la Ville de les réparer ou d’en construire de nouveaux plus modernes et opérationnels ?
Si les subventions du gouvernement fédéral ou du provincial ne suffisent pas pour améliorer les infrastructures sportives, il n’est pas question d’engager la ville dans d’autres dépenses. Il ne faut pas perdre de vue que la Ville de Québec a énormément de difficultés à boucler son budget d’opération et qu’elle a encore une dette de 1 181 M$. En tant que nouveau maire de la Ville de Québec, je ne refilerai pas aux générations futures une pareille dette. Une question qui me chicotte beaucoup, c’est l’accessibilité pour les jeunes moins fortunés qui ont de la difficulté à s’acheter une paire de patins ou autres équipements sportifs. Il faut leur en fournir pour qu’ils aient la chance comme les plus fortunés de s’épanouir dans notre société.