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En dépit des fédéraux: d’Estimauville s’impose

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Article mis en ligne le 16 novembre 2007 à 9:30
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En dépit des fédéraux: d’Estimauville s’impose
Les consensus sociopolitiques sont rares au Québec, particulièrement dans la capitale ou tout un chacun tire la couverture au profit de sa petite gloriole. Regardez le nombre effarant de candidats à la mairie de Québec ou souvenez-vous des guéguerres de petits royaumes autour de la table de l’ancienne Communauté urbaine de Québec. Or, voici un rare cas d’exception qui rallie les forces vives du développement régional.
Vous avez compris qu’il s’agit du dossier d’implantation d’un nouvel édifice destiné à regrouper les services du gouvernement fédéral et ses 700 fonctionnaires. Pour la coalition dirigée par le conseiller municipal Alain Loubier, le président de la Chambre de commerce de Québec, Daniel A. Denis et le député adéquiste Jean-François Gosselin, l’axe d’Estimauville-Montmorency doit accueillir le nouvel immeuble. L’opinion est partagée par l’ensemble des intervenants des quartiers Limoilou et Beauport mais aussi dans l’ensemble de la municipalité.

Preuve que la chorale a bien fait entendre sa voix, il n’a fallu que quelques jours pour que le ministre conservateur Michael Fortier et sa collègue Josée Werner acceptent d’inclure le secteur d’Estimauville parmi les sites à l’étude. Si la nouvelle est réjouissante, la partie est loin d’être gagnée pour la coalition.

En effet, le ministre Fortier s’est déjà montré irrité par ce type d’intervention tandis que sa collègue Werner s’est désintéressée du dossier affirmant que la décision revenait à monsieur Fortier. Pas fort pour une ministre qui est précisément en charge de la région. Incidemment, il était curieux de constater l’absence à la rencontre de presse de la coalition dans un restaurant de Limoilou du député fédéral du coin, madame Sylvie Boucher.

Outre ses propos initiaux qui manquent cruellement d’enthousiasme, madame Werner rate une belle occasion d’affirmer le leadership que sa fonction lui confère. Je m’explique mal pourquoi c’est le député de Charlesbourg, monsieur Daniel Petit, réputé davantage pour ses bourdes que ses réalisations, qui déposera à la Chambre des Communes la pétition émanant de la coalition. Celle-ci aurait eût un poids politique beaucoup plus lourd si la ministre responsable de la région s’était impliquée comme «porteur de ballon» auprès de son collègue, de la Chambre, du Conseil des ministres et du Premier Ministre.

Au fait, mis à part l’appui du député bloquiste de Québec, madame Christiane Gagnon, et la participation du député Petit, l’absence des fédéraux dans cette coalition est tout à fait remarquable et décevante. D’autant qu’il s’agit d’une décision fédérale. Il eût été souhaitable de voir l’ensemble des élus fédéraux joindre la coalition tout comme les candidats libéraux désignés jusqu’à présent dont Me Yves Picard, dans Beauport-Limoilou. La décision n’étant pas encore arrêtée, il est toujours temps qu’ils montent dans le train. Ce serait souhaitable.

Déjà le centre-ville a largement profité du renouvellement urbain. Le gouvernement provincial a généreusement participé au regain de vie de Saint-Roch par rapport au fédéral : «c’est presque du huit contre un» notait Claude Larose, candidat à la mairie et ex-vice-président du comité exécutif de Québec, sous le maire L’Allier.

À Ottawa maintenant d’imprimer sa marque. Le secteur d’Estimauville constitue pour le fédéral une occasion en or de se faire valoir comme partenaire majeur du développement régional. La construction de cet immeuble qui voisinera l’extraordinaire projet de la Neuro-Cité du docteur Michel Maziade et de Jean-Paul L’Allier, largement soutenu par Québec, seront les moteurs de la relance de ce quartier qui a plus à voir avec Kaboul qu’avec l’élégance de Québec. Ces deux projets, ajoutés à Phoenix, une salle de spectacles de 1 600 aux pieds de la Chute Montmorency, projet lui aussi soutenu par Québec, et deux ambitieux complexes résidentiels feront de l’entrée Est de la ville un axe de développement exceptionnel qui suscitera plusieurs investissements privé.

Au-delà de l’axe d’Estimauville-Montmorency, c’est tout le quartier Limoilou et le Vieux-Beauport qui émergeront de l’impasse dans lequel ils sont plongés depuis 30 ans. La ville s’y implique, Québec aussi et le privé est déjà de la partie. À Ottawa de jouer!

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