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Inoffensive, la petite plante verte?

Karine Bouchard par Karine Bouchard
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Article mis en ligne le 13 novembre 2007 à 12:02
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Inoffensive, la petite plante verte?
Légalité ne rime pas toujours avec innocuité. Médicaments, produits naturels et drogues sont régis par Santé Canada, qui se doit de protéger les consommateurs canadiens. Qu’en est-il de la salvia?
La drogue, outre ses effets hallucinogènes, ne serait pas toxique pour l’organisme. Jusqu’à preuve du contraire, la petite plante du sud est innocentée. «Lorsque Santé Canada considère ajouter une substance à un des annexes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances (LRCDAS), elle prend en compte les autres substances qui sont déjà incluses dans la LRCDAS, son abus et son potentiel de dépendance, le risque pour la santé et la sécurité du public, etc. À propos de la Salvia divinorum, Santé Canada a seulement de l’information de nature anecdotique au sujet de plusieurs de ces facteurs et n’a pas d’information spécifique sur son usage au Canada», explique Paul Duchesne, porte-parole de Santé Canada. Il ajoute par ailleurs que «plusieurs plantes ont des effets semblables aux drogues et il est impossible de toutes les règlementer».

En outre, les réactions extrêmes à cette substance ne seraient pas documentées. «Dans la région de Québec, il n’est jamais arrivé que quelqu’un se ‘‘ramasse’’ à l’hôpital après avoir consommé de la salvia», de mentionner le caporal René Descoteaux, du Service de sensibilisation aux drogues et au crime organisé de la GRC.

Une recommandation fait toutefois l’unanimité : celle de la consommer en présence d’une personne à jeun. «La substance provoque une confusion et des pertes d’équilibre. Une personne peut facilement tomber et se blesser. Il est également possible que le consommateur ait une perte de conscience», explique Jean-Sébastien Fallu, professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Autre bémol : l’étiquetage. Commandé par le biais de sites Internet, le produit n’est pas toujours étiqueté conformément à la loi et les quelques informations inscrites sur le sachet vendu au consommateur ne sont pas forcément bilingues.

Mais selon M. Descoteaux, le réel problème avec cette drogue réside dans le fait qu’elle soit fumée. «La façon traditionnelle de consommer cette drogue consiste à la mâcher. La salvia était à l’origine consommée lors de rituels amérindiens. Il est également possible d’en extraire le jus et de le boire en thé ou en tisane. Les effets sont alors plus mollo.» De plus, des concentrés de la substance sont offerts sur le marché, allant jusqu’à 40 fois la concentration originelle de la plante. «Il y a les 10 X, les 40 X… Plus il y a de ‘‘X’’, plus la substance est forte», indique le caporal.

Bien qu’ils soient puissants et semblables à ceux du LSD, les effets de la salvia ne sont que de courte durée. Près de 10 minutes, pour être plus précis. «Il s’agit de la plante hallucinogène naturelle la plus forte, insiste M. Descoteaux. Et elle n’est pas contrôlée. Il est préférable de s’en tenir loin.»

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