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Des questions sur le «vide spirituel»

Article mis en ligne le 5 novembre 2007 à 14:25
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Des questions sur le «vide spirituel»
Abordé fréquemment au sein des différentes sessions de la commission Bouchard-Taylor, le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse semble soulever la controverse. Entre autre, l’intervention de Mgr Ouellet, qui souhaite le maintien de l’enseignement religieux à l’école prétextant un «vide spirituel» au Québec. Dans la même lignée, M. O’Neill suggère au gouvernement d’offrir aux parents la possibilité de choisir l’orientation confessionnelle de leurs enfants en fonction de la demande, sachant que les catholiques sont les plus nombreux. Ces deux affirmations soulèvent plusieurs questionnements.

Si, comme le dit Mgr Ouellet, il existe un «vide spirituel» au Québec, il s’avère pertinent de se questionner sur ses origines. Pourrions-nous supposer que l’Église, qui transmet l’enseignement religieux, n’a pas réussi, malgré sa place prépondérante dans le système d’éducation québécois, à remplir la mission spirituelle qu’elle s’était donnée? Ou encore, que la vision religieuse du monde proposée par Mgr Ouellet ne rejoint plus les préoccupations du Québec moderne?

L’Église souhaite-t-elle recourir une énième fois à l’injuste clause nonobstant qui dérogerait de nouveau aux chartes des droits et libertés de la personne pour pouvoir permettre un enseignement religieux qui semble avoir mené le Québec dans ce «vide spirituel?» Ne serait-ce pas le temps pour le Québec d’asseoir ses valeurs sur une conception naturelle de l’être humain qui fasse consensus plutôt que sur des conceptions d’origine religieuse qui tendent à diviser les humains?

La position de M. O’Neill suscite d’autres interrogations. Ce dernier préconise de laisser aux parents le choix de l’enseignement religieux pour leurs enfants «là où le nombre le permet». M. O’Neill ne craint-il pas une ghettoïsation religieuse par sa proposition? Cette exigence du nombre n’entraîne-t-elle pas une nouvelle inégalité pour les pratiquants peu nombreux de certaines confessions sachant qu’un droit n’est pas fondé sur le nombre? L’Église serait-elle devenue tout d’un coup généreuse à l’égard des autres religions suite à la perte de son monopole sur l’école québécoise?

Il faut dénoncer toute forme d’intégrisme religieux qui tente de maintenir coûte que coûte l’enseignement confessionnel dans un État qui vient à peine de voter démocratiquement la déconfessionnalisation de son système d’éducation (loi 95).
Christophe Navel, étudiant au doctorat en éducation, Université Laval

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Gilles Pelletier

Commentaire mis en ligne le 5 novembre 2007
Québec, le 5 novembre 2007.

Monsieur Navel, votre article concernant le discours religieux à propos de son enseignement dans les écoles a le mérite d’être bien compris tout en étant pertinent et mesuré dans vos arguments.

Il ne devrait plus y avoir un enseignement religieux dans nos écoles et encore moins un enseignement des religions. Le Québec a pris un virage laïque, au niveau de ses maisons d’enseignement, et il doit aller jusqu’au bout. Les parents sont les premiers responsables de l’enseignement de leur foi, auprès de leurs enfants, avec l’aide de leurs différentes confessions religieuses. L’école doit recevoir tous les étudiants et les étudiantes sans égard à leur foi religieuse et doit dispenser l’enseignement qui lui est dévolu à l’exception de toutes matières touchant les religions.

Cela ne l’empêche pas d’enseigner le civisme, les comportements adéquats dans une société et différentes formes d’éthique. Tout le bagage religieux d’un individu doit être maintenant bâti avec l’aide des Églises des différentes confessions en réservant, il va s’en dire, des moments particuliers pour que les élèves puissent être libérés de leurs périodes régulières de cours ou durant des moments de congés.

De cette manière, tout le côté spirituel d’un individu sera promu et protégé dans son univers « personnel » et la vie civile pourra se dérouler uniformément pour tout le monde dans le meilleur des respects.

Le Gouvernement devra revoir sa bêtise de vouloir enseigner une panoplie de religions à tout prix. Nos Élites religieuses devront prendre note des nouvelles réalités et accepter que les Québécois aient pu se donner de nouvelles orientations.

Gilles Pelletier, Québec.

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