Malgré une augmentation importante de l’achalandage sur les autobus du RTC depuis trois ans. La part des déplacements totaux du transport en commun dans la grande région de Québec stagne à 10%.
Déplacements à Québec: l’auto règne toujours en maître
Même si la mode est au vert, l’auto continue d’accroître sa part de la tarte des moyens utilisés pour se déplacer dans la région de Québec, avec 80 % de tous les déplacements effectués.
En revanche, selon les données de la dernière «enquête Origine-Destination» du MTQ/RTC, Québec se classe parmi les premières villes au Canada pour ses déplacements à pied avec 7 % de tous les déplacements accomplis sur pattes.
Les champions verts? Les résidents du quartier Saint-Jean Baptiste où 30% des résidents ne possèdent pas d’autos.
1 % des déplacements se font également à vélo dans la grande région de Québec, là aussi le nombre de cyclistes augmente, mais Pascal Laliberté, président d’Accès Transports Viables, croit que ce chiffre est condamné à stagner: «tant que la Ville ne se dotera pas d’un réseau utilitaire de pistes cyclables, la progression du vélo sera limitée pour des raisons de sécurité», évalue-t-il.
De 16 % du total des déplacements dans la grande région de Québec en 1996, le ratio du transport en commun avait fondu à 10 % en 2001. Il s’y maintient depuis. L’achalandage sur les autobus du RTC connait pourtant depuis trois ans une augmentation, 6% l’an dernier seulement, deux millions de passages de plus…une des plus fortes hausses au Canada.
Néanmoins, le pourcentage des déplacements en transport en commun stagne à 10 %. Comment l’expliquer? L’auto. 27 000 véhicules immatriculés de plus qu’il y a dix ans circulent à Québec aujourd’hui, pourtant la population n’a subi une croissance que de 18 000 personnes.
237 000 véhicules encombrent aujourd’hui la grande région de Québec.
Et ces autos se promènent aussi plus qu’avant, explique M. Laliberté. «Avant, les gens se déplaçaient de la maison au travail et du travail à la maison, point. Aujourd’hui, et de plus en plus, il y aura des arrêts à la garderie et pour la préparation du repas du soir, illustre-t-il. Les gens retourneront en ville pour y voir un spectacle, des amis ou pour y souper au restaurant.Et en dehors des heures ouvrables; c’est l’auto qui règne, sans partage.»
Le temps moyen de déplacement par jour à Québec s’approche de la barre symbolique d’une heure. Selon Luc Samson, chargé de projet au RTC, quand vient le temps de choisir entre l’auto et le transport en commun; l’économie de temps est un des facteurs les plus importants pris en considération.
L’infrastructure routière de la Ville, pensée dans les années soixante pour une ville qui compterait au second millénaire un million d’habitants, avantage les automobilistes de Québec, comparativement à Ottawa où la moyenne, par jour, de temps passé sur la route est de 66 minutes. À Montréal, c’est 76 minutes, la part de marché des transports collectifs y tourne autour de 20 %.
Pourcentage des déplacements à Québec
à pied: 7 %
à vélo:1 %
en auto:80 %
en autobus:10%
Temps moyen par jour consacré au déplacement: 57 minutes