La situation des enfants de 0-5 ans s'améliore
Plusieurs aspects demeurent toutefois préoccupants
C'est le 23 octobre dernier qu'était présentée la 2e édition du Rapport sur l'état de santé et de bien-être des 0-5 ans de la Capitale-Nationale. Conçu par l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale (ASSS-CN), ce rapport trace un portrait positif de la situation des jeunes enfants de la région. Certains aspects demeurent toutefois préoccupants.
De ces derniers, notons une hausse de la proportion des bébés qui naissent prématurément (avant 37 semaines de gestation). Depuis les années 1980, ces naissances précoces sont en constante progression. Cette réalité concerne désormais 7,9 % des naissances, un bond de 2 % depuis 20 ans. Pour expliquer cette fâcheuse tendance, on dénote entre autres le recours de plus en plus fréquent aux méthodes de fécondation alternatives ainsi qu'un âge de procréation plus élevé chez les mères.
Autre fait préoccupant: la proportion élevée, et en hausse, de surcroit, des femmes ayant consommé de l'alcool durant leur grossesse. En 2005, dans la région de Québec, c'est 39,4 % des femmes qui ont dit avoir consommé durant leur grossesse, comparativement à 34,1 % (10% de plus qu'en 2001) pour la province de Québec. Toutefois, on ne départage pas ici les femmes qui auraient bu un verre de vin alors qu'elles ignoraient même qu'elles étaient enceintes des femmes ayant un problème de consommation important.
En ce qui a trait aux tout-petits vivant sous le seuil de faible revenu, ils constituent 14 % des enfants de familles constituées des deux parents mais 58 % des enfants vivant dans une famille monoparentale. C'est donc dire que dans la Capitale-Nationale, près de 7 000 enfants de 0 à 5 ans vivent sous le seuil de faible revenu, soit un enfant sur cinq. Bien qu'il s'agisse là d'une proportion beaucoup trop élevée d'enfants, on constate tout de même une amélioration comparativement à 1996, où c'était le quart des enfants qui vivait avec de modestes revenus familiaux.
Un autre point qu'il faudra surveiller dans les prochaines années: l'embonpoint et l'obésité des enfants. Bien que la proportion d'enfants démontrant des problèmes d'embonpoint et d'obésité soit stable chez les jeunes enfants de 2 à 5 ans, on note une recrudescence de ces cas chez les 6-11 ans et chez les 12-17 ans. Dans ces deux tranches d'âge, la proportion de ces enfants a doublé en moins de trente ans pour atteindre une proportion de respectivement 26 et 29 %. C'est donc dire que près d'un adolescent sur trois compose avec un surplus de poids.
Quelques améliorations
Parmi les points positifs, le taux de mortalité infantile continue de diminuer, pour atteindre 5,4 enfants sur mille. De plus, on constate une légère diminution des signalements au Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ). L'allaitement maternel est lui aussi en augmentation; c'est maintenant 82,5 % des femmes qui offrent le sein à leur enfant comparativement à 70,3 % en 1998.
* (Collaboration spéciale Luc Fournier)