Accommodons-nous les uns les autres
Depuis plusieurs semaines, la Commission Bouchard-Taylor nous permet un défoulement au sujet des accommodements qui peuvent être consentis envers des groupes pratiquant des religions autres que catholique bien entendu. À la fin de son mandat, il y aura un rapport qui sera déposé et qui permettra de connaître la nature exacte de nos doléances et des recommandations seront suggérées pour assurer de nouveau la paix dans la demeure.
Est-il pensable de se demander que pourrait bien dire Jésus de Nazareth, dans tous ces débats, sur les «accommodements» qui ramènent nos préjugés, notre vieux fond de racisme et notre immanquable manque d’ouverture parfois aux étrangers? Tout d’abord, il faudrait se rappeler que Jésus avait statué à son époque sur la séparation des affaires religieuses et de l’État lorsqu’Il avait affirmé: «rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu». Il ne pouvait pas être plus clair. Chez les musulmans, le Coran est interprété comme étant la Révélation du Très Haut et ce livre régit toute l’existence des croyants et englobe à la fois le temporel, le politique et le spirituel. Si Jésus revenait, il réitèrerait certainement le même message concernant la séparation des pouvoirs et nous assisterions aux mêmes turpitudes qui prévalent aujourd’hui dans les pays arabes et ceux du Moyen-Orient et dans bien d’autres pays du globe.
Prenons un exemple comme la Turquie. C’est un pays musulman, mais considéré comme un État laïc et pourtant nous assistons régulièrement à des conflits, comme par exemple le port du foulard qui pose quantités de problèmes. Il est interdit de le porter en public, dans les écoles et ou les universités. De nombreuses femmes crient à l’injustice ou au non-respect de leurs droits. À tout moment, le pays semble vouloir éclater, juste pour ce bout de tissus, mais qui au fond remet en question la capacité de coexister entre musulmans pratiquants et citoyens d’un pays, militant pour sa laïcité et l’utilisant comme spécificité auprès des autres nations.
L’Islam englobe tous les individus, tous les croyants et les autres religions sous un « dôme » et gère leur vie spirituelle, matérielle, sociale et politique. Tous les autres qui ne peuvent ou ne veulent se retrouver sous ce « dôme » sont considérés comme des mécréants et leurs vies peuvent être supprimées pour plaire au Très-Haut qu’ils appellent Allah.
Je me demande donc ce que pourrait dire Jésus, depuis «l’apparition de l’Islam», et sans doute pourrait-il nous dire ou nous confirmer si «l’Archange Gabriel», qui a dicté le Coran à Mahomet, a bien fait son travail ou s’il n’a pas oublié quelques chapitres qui auraient pu aider à débloquer bien des situations vécues par les humains ces dernières décennies.
Heureusement, le «Aimez-vous les uns les autres» demeurent l’action la plus difficile chez les humains, mais elle est garante des plus grands succès. Sans doute, Jésus récidiverait sur la portée de ce message en le reformulant de la manière suivante: «Accommodez-vous les uns les autres.»
Gilles Pelletier, Québec