L’auteure charlesbourgeoise Hada Lopez espère, avec son roman, susciter la réflexion et raviver des souvenirs pour certains lecteurs.
(Photo: Véronique Demers)
Ode au courage salvadorien
Les aventures de Pedro décrites sous la plume de Hada López
Fruit de quelques années de réflexion et de témoignages de plusieurs Salvadoriens, «Bruine assassine» est le premier roman de la Charlesbourgeoise Hada López, tiré d’une trilogie en work in progress «Pedro Libertad».
Le phénomène de l’immigration et des réfugiés, souvent victimes de régimes totalitaires, compose le cœur du récit, à mi-chemin entre le roman et le journal intime du jeune Salvadorien Pedro. Le Salvador est ce pays d’Amérique centrale de la côte du Pacifique, situé à l’ouest du Honduras et au sud du Guatemala.
Chrystine Brouillet signe la préface du roman; elle saisit l’essence même de l’histoire: «…le récit de Hada López est certes une dénonciation de moult injustices, mais c’est aussi une ode à la vie et au courage des victimes de régimes totalitaires, de celles qui restent au pays ou de celles qui prennent le si long et tortueux chemin de l’exil.»
Dans les années 1980, Hada Lopez a quitté son pays en raison de la guerre civile. L’auteure vise à susciter la réflexion et à ramener à la surface les souvenirs des réfugiés.
«Maintenant, au Salvador, c’est très difficile. On est aux prises avec l’après-guerre. Les gangs de rue en Californie ont été créées par des Salvadoriens dans les années 1980. Ce phénomène est revenu au pays, c’est un des graves problèmes au Salvador», indique-t-elle.
Exil vers la province de la neige
Règle générale, on ne fuit pas son pays d’origine par plaisir; on le fuit en raison des affres de la guerre civile. «J’ai imaginé spontanément Pedro et sa famille. Personnellement, je n’ai pas quitté dans un camion de bananes. Quant aux massacres devant la cathédrale, il y en a eu plusieurs. Je trouvais intéressant qu’un jeune arrive au Québec sans trop comprendre», s’est imaginée l’auteure.
Pedro a 5 ans lorsqu’il fuit le Salvador avec sa famille pour se rendre en terre québécoise. Le personnage principal franchit diverses étapes le conduisant, à l’âge de 12 ans jusqu’au secondaire, à son entrée au PEI.
PEI
Lancé le mois dernier, l’ouvrage de 150 pages s’adresse à des lecteurs de 12 ans et plus. «Bruine assassine» vient d’obtenir une reconnaissance officielle en faisant partie du programme de lecture de l’Externat Saint-Jean-Eudes.
«Ça vient d’être mis obligatoire au PEI (programme d’études secondaires) du 2e secondaire de l’Externat Saint-Jean-Eudes. Bref, ça peut être obligatoire dans toutes les écoles secondaires publiques ou privées offrant le PEI», spécifie l’auteure.
Mme Lopez en est déjà à préparer le deuxième tome, dans lequel plusieurs personnages du premier tome prendront place, mais sous un angle différent. «J’ai un titre en tête, mais ce n’est pas confirmé: Tuer n’est pas jouer.
(Photo: Véronique Demers)