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Faible légitimité d'un maire élu par moins de 20 % des électeurs

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Article mis en ligne le 26 octobre 2007 à 8:30
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Faible légitimité d'un maire élu par moins de 20 % des électeurs
Et si la difficulté de Stéphane Dion d’affirmer son leadership reposait sur sa légitimité à occuper son poste de chef du Parti libéral du Canada??? Et si le prochain maire de Québec allait éprouver pareille difficulté??? Car, ne nous y trompons pas, si étymologiquement les mots légalité et légitimité sont synonymes, il en va tout autrement dans le langage politique.
Prenons Stéphane Dion. Il a été démocratiquement élu chef de son parti le 3 décembre 2006 par une majorité de voix au congrès du PLC. De fait, 54,7 % des votants lui ont fait confiance au quatrième tour de scrutin, lui conférant une maigre majorité de 437 voix. Au tour précédent, il avait coiffé Michael Ignatieff et Bon Rae avec 37 % des voix, 122 de plus qu’Ignatieff. Il aura fallu que Bob Rae le rejoigne pour qu’il arrache la victoire, mais encore il s’en est fallu de peu. Néanmoins, son élection est tout à fait légale.
Si on entourloupait
Par contre, il est de notoriété publique que c’est l’appel de son gourou Jean Chrétien et le travail de ses hommes de main sur le plancher du congrès qui ont poussé Dion vers la chefferie. N’eût été de cette pression, pas sûr que Dion remporte la palme. On ne peut passer sous silence le fait qu’il était puissamment soutenu financièrement par la famille Desmarais. À l’analyse de sa victoire, on doit aussi considérer ce magnifique coup de marketing orchestré par son organisateur futé Marc Lavigne qui, en dernière instance, a inventé le foulard vert qui devait stigmatiser Stéphane Dion dans son rôle de champion de l’environnement.

Ces entourloupettes et jeux de coulisses ajoutés au rôle de Jean Chrétien sont restés frais à la mémoire des partisans libéraux. Au sortir du scandale des commandites, c’était un peu difficile à avaler pour une formation qui tentait de se refaire une virginité.

Aujourd’hui, les militants libéraux semblent remettre en cause la légitimité de Stéphane Dion. En fait, on lui sert la même médecine qu’il réservait aux indépendantistes dans sa Loi sur la clarté et qui a reçu un nouvel imprimatur de Jean Chrétien dans ses mémoires: la question doit être claire et le résultat de même pour qu’il soit considéré. Dans ce contexte, les militants libéraux sont divisés entre ceux qui se rallient à leur chef et ceux qui mettent en doute sa légitimité pour diriger la formation politique.
Et à Québec
Le même triste scénario guette le prochain maire de Québec. Nous savons tous que le taux de votation à une élection municipale ne vole jamais très haut. Plus encore s’il s’agit d’une partielle. Au plus, 55 % des électeurs se présenteront aux urnes. C’est-à-dire plus ou moins 215 000 électeurs sur les 390 000 inscrits. Compte tenu du nombre de candidatures fortes ou marginales (au moment d’écrire ces lignes, on approche la dizaine…), on ne manquera pas d’assister à un éparpillement du vote. L'élu étant probablement porté au pouvoir par tout au plus 32 ou 33 % des votants soit à peu près 71 000 voix. Ce nombre représente seulement 18,2 % des électeurs de Québec qui auront réellement désigné le nouveau maire ou la nouvelle mairesse. OK, les absents ont tort et l’exercice est tout à fait légal. C’est quand même très peu pour asseoir sa légitimité et rallier les forces divergentes au conseil municipal.

Non seulement à l’hôtel de ville de Québec les opposants ne manqueront pas d’invoquer cette question de légitimité pour éventuellement contester le maire et ses orientations, mais je vois d’ici les sourires railleurs des dirigeants syndicaux appelés à croiser le fer avec le nouvel élu pour revisiter les conventions collectives qu’à peu près tous les candidats veulent dégraisser. Ils ne manqueront sûrement pas, eux aussi, de soulever cette question de légitimité.

Le prochain maire devra se montrer fin stratège pour réussir à rallier les forces autour de lui et de son programme. Sinon, il éprouvera des difficultés similaires à dénouer le nœud gordien qui stoppe le leadership de Stéphane Dion.

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