Difficiles conditions de vie des aînés
Marguerite Blais, ministre responsable des aînés, continue sa ronde de consultations sur les conditions de vie des gens que l’on désigne souvent comme étant du troisième âge. Les médias n’ont pas fait autant de vagues, avec ce sujet, comparativement à celui sur les accommodements raisonnables.
Néanmoins, les aînés ont eu et ont encore la chance d’exprimer au gouvernement tous les problèmes auxquels ils sont confrontés. Cette semaine, il est ressorti clairement la problématique des couples qui doivent être séparés lorsqu’un des membres doit être placé dans un autre établissement, pour lui permettre de recevoir des soins de longues durées. La plupart du temps, il est impossible d’admettre les couples, dans le CHSLD, et ainsi il doit y avoir séparation ce qui, dans les circonstances, est pour le moins inhumain tout en causant des difficultés supplémentaires aux proches de la famille.
Il y a quelques années, nos parents ont dû se séparer aussi cruellement. Notre mère souffrait de la maladie d’Alzheimer et elle avait dû être inscrite dans un centre pour soins de longues durées. Notre père, s’était retrouvé tout seul, dans le foyer qu’il occupait. Sa santé ne lui permettait pas d’aller rendre visite à son épouse, aussi souvent qu’il le désirait, dans son nouveau lieu de résidence. Bref, dans le temps, nous avons trouvé cela difficile, mais jamais nous n’avons pu connaître véritablement l’ampleur de la souffrance de notre père.
Aujourd’hui, après quelques années, nous réalisons toute la cruauté que celui-ci a vécu en se séparant de son épouse, après plus de 50 ans de vie commune. Cet homme a «tout gardé en-dedans de lui» avec beaucoup de pudeur, en acceptant bien malgré lui cette situation. C’est pourquoi il faudra que la société soit plus humaine dans l’avenir, en s’occupant des aînés d’une manière un peu plus digne qu’elle ne le fait aujourd’hui. Il faut que le gouvernement prenne des dispositions très «optimales» pour que les couples aînés, dans un premier temps, n’aient plus à subir de «séparation» forcée à cause d’une perte d’autonomie majeure d’un des membres.
Dans un deuxième temps, le gouvernement devra prendre des dispositions pour assurer un meilleur suivi médical, assorti à une qualité de vie en ce qui concerne les conditions d’hébergements, la nourriture et les soins corporels dans l’ensemble du réseau des résidences pour personnes âgées. Troisièmement, le gouvernement devra, par une fiscalité plus juste, faire en sorte que des aînés en situation économique précaire, soient supportés afin qu’ils puissent vivre dans la dignité et non pas dans la misère dans des foyers qui ne sont pas mis aux normes ou qui sont clandestins.
Il faut remercier notre gouvernement de s’être donné la peine d’aller sur le terrain pour connaître les véritables besoins de cette clientèle particulière et qu’au moment de produire le rapport final, celui-ci ne soit pas rangé sur une tablette. Mais soit l’objet d’un outil efficient auprès des fonctionnaires qui auront à créer des processus et des stratégies pour que le pouvoir politique s’applique à réaliser les changements souhaités pour le mieux être des gens du troisième âge.
Gilles Pelletier, Québec