Un message en faveur de la démocratie scolaire
Comme parent commissaire de la commission scolaire de la Capitale (CSC), je ne peux rester muette à la suite des propos lucides de Jean Bernatchez parus dans Le Soleil du mercredi 17 octobre. Même si je dois avouer que je garde un goût amer à la suite de ma dernière tentative à faire valoir mes valeurs et ma vision de l’éducation à titre d’élue scolaire. Certains de mes propos, repris par un journaliste dans un hebdo local, m’ont alors valu une plainte en vertu du code d’éthique et de déontologie applicable aux commissaires de la CSC. La plainte a été jugée non fondée par le Conseil des commissaires, mais...
Tout comme M. Bernatchez, je suis convaincue qu’il faut politiser les élections scolaires; cela ne veut surtout pas dire limiter le processus électoral à un exercice partisan. Il s’agit d’en faire une occasion de débattre des grands défis à relever pour que de plus en plus de jeunes et d’adultes deviennent des personnes autonomes, des travailleurs productifs et des citoyens engagés.
C’est une première à la CSC, des équipes dûment formées se font la lutte dans 9 des 17 circonscriptions en élections sur son territoire. Qui plus est, 13 candidats indépendants sont aussi dans la course. Serait-ce qu’un autre « phénomène Québec » se dessine chez les électeurs de la Capitale? Peut-on dire que les élections scolaires sont peu populaires à Québec cette année?
Mais il incombe trop aux candidats commissaires, avec des organisations de fortune et des moyens de diffusion à l’échelle du citoyen, de faire valoir à bout de bras et à bout de souffle l’importance pour nous, électeurs, d’aller voter. Comment se fait-il que les commissions scolaires et leur fédération ne rassemblent pas davantage les conditions favorisant une participation plus large à cet exercice démocratique, celui-là même qui devrait légitimer leur existence? Il faut donner l’occasion aux commissaires et aux candidats de faire valoir leurs expériences et leurs idées afin de donner aux électeurs et électrices une raison valable d’exercer leur droit de vote.
À la CSC, les candidats de l’équipe Éduc-Capitale, ceux du Regroupement Scolaire pour le partenariat Parents, Écoles, CommunauTé (l’équipe RESPECT), de même que 13 candidats indépendants font foi de la vitalité de la participation citoyenne dont parlait Jean Bernatchez: tous ces candidats «posent un geste citoyen et se font porteur de valeurs» pouvant faire ressortir les enjeux de la prochaine élection auprès de tous les citoyens et citoyennes.
Il est déplorable qu’on n’offre pas de tribune publique aux véritables artisans du nécessaire renouvellement de la démocratie scolaire: des parents, des personnes ancrées dans leur milieu, des acteurs dédiés à la cause de l’éducation, du bien commun et du mieux-être de nos enfants, pour reprendre les propos de M. Bernatchez. Les premiers intéressés, les parents et leurs enfants, n’ont rien à gagner du mutisme et de la timidité, notamment des instances officielles des commissions scolaires et des médias…, à faire la promotion publique du dynamisme et de la vitalité de leurs élus ou aspirants.
Suzanne Laroche, commissaire démissionnaire, parent commissaire à la CSC