«C'est devenu carrément trop petit», estime le directeur général du MNBAQ, John R. Porter. (Photo Frédérick Masson)
Le Musée national des beaux-arts du Québec voit grand
Ne manque plus qu'une réponse favorable du fédéral
Ce ne sont pas les idées qui manquent au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Afin de pallier à un important manque d'espace, l'institution muséale envisage de s'agrandir grâce à la construction d'un nouveau pavillon vert sur le site de son voisin actuel, le couvent des Dominicains, acquis à l'hiver 2007. Un projet avoisinant les 90 M$.
L'initiative est de taille. Outre le nouveau pavillon, une requalification de certains espaces du musée actuel est prévue. Ce à quoi s'ajouteront la conservation et la restauration de l'actuel presbytère de la paroisse Saint-Dominique et la réinsertion de la sacristie actuelle dans un nouveau bâtiment.
Financé à 37,5 % par le gouvernement du Québec, à 37,5 % par le gouvernement du Canada et à 25 % par le privé, le projet fait rêver le directeur général du MNBAQ, John R. Porter. Ce dernier voit toutefois ses ardeurs refroidies par le gouvernement fédéral qui, contrairement à son homologue provincial, tarde à confirmer sa participation au projet. Mais d'assurer M. Porter, ce n'est qu'une question de temps.
«Dès que nous aurons le feu vert, nous serons en mesure de donner le coup d'envoi à ce qui fera de notre institution un incontournable. Pour rester branché, il est impératif de voir grand. C'est ainsi que l'on réalise de grandes choses», soutient-il.
Les travaux, qui devaient s'échelonner jusqu'en 2012, permettront pratiquement au Musée national des beaux-arts de doubler sa superficie. Actuellement de 10 600 mètres carrés, celle-ci passerait à 18 600 pieds carrés.
«Seulement 2 % des collections du Musée sont exposées, alors que la norme internationale se situe autour de 12 %, de déplorer le dg. Les salles actuelles ne répondent plus aux besoins et à la créativité des artistes d'aujourd'hui. Grâce à cet agrandissement, nous pourrons mieux servir la communauté en enrichissant notre offre et en optimisant l'accès à un héritage culturel collectif sans égal.»
Hausse de fréquentation
Le Musée national des beaux-arts du Québec ne cesse de gagner en popularité. De 225 000 visiteurs en 2001, l'endroit accueille aujourd'hui 350 000 personnes annuellement. Pour 2008, quelque 400 000 visiteurs sont attendus, alors que des œuvres du Louvre, le plus grand musée du monde, seront exposées dans la capitale.
Et les amateurs pourraient bien avoir une autre exposition à se mettre sous la dent, puisque M. Porter a dit souhaiter que les maquettes du nouveau pavillon proposées dans le cadre d'un concours international fassent l'objet d'une exposition dans le cadre du 400e anniversaire de la Ville de Québec. D'autant plus que la prochaine année marquera également le 75e anniversaire du Musée.
«Nous souhaitons construire un Musée national des beaux-arts du futur et nous inviterons le public de la capitale à faire en sorte d'inscrire le MNBAQ parmi les grands projets du 21e siècle.»