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Incinérateur intoxicant

Éric Boucher par Éric Boucher
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Article mis en ligne le 23 octobre 2007 à 15:32
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Incinérateur intoxicant
Année, après année l’Incinérateur de Québec se retrouve au sommet de la liste de «L’heure des comptes» pour ses émissions de dioxines et furannes; des substances chimiques parmi les plus toxiques à être émises par les industries.
Incinérateur intoxicant
«À l’heure des comptes», bilan des rejets en 2004 de substances chimiques dans l’environnement par des industries nord-américaines, était rendu public cette semaine. L’Incinérateur de Québec y figure encore cette année comme un des plus grands émetteurs de dioxines et furannes au Canada. Des substances hautement nocives pour la santé.
Près de trois années sont nécessaires à La Commission de coopération environnementale (CCE) un organisme tripartite (mexicain, canadien et américain) pour recevoir, compiler et décortiquer l’ensemble des données nord-américaines et d’en tirer des conclusions.

Dans l’édition de l’année dernière de «À l’heure des comptes», l’Incinérateur de Québec obtenait le score très peu enviable de troisième plus grand émetteur de dioxines et de furannes en Amérique du Nord. «De tout ce qui peut sortir d’une cheminée d’usine, c’est ce qu’il y a de pire», affirme François Lavallée, Chef à la Direction des données sur la pollution de l’Inventaire national des rejets de polluants(INRP).

Selon le site de INRP d’Environnement Canada, ces produits chimiques seraient toxiques et cancérigènes. Ils auraient des impacts sur le système immunitaire, la croissance, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, le système nerveux et la reproduction. Depuis 1995, le gouvernement fédéral s’est doté d’une politique pour éliminer au maximum les émissions de dioxines et furannes.

Dans le rapport 2004 de cette année, l’incinérateur se classe en quatrième position des industries canadiennes. Danielle Vallée, des communications da la section du CCE à Montréal explique que cette année le classement général des trois pays a été aboli parce que pour chacun des pays les normes de calcul différent, il n’est plus possible de comparer équitablement les industries des trois pays entre elles.

Avec une réduction de moitié de ses émissions de furannes et dioxines dans l’air en 2004, on pouvait croire que l’incinérateur s’était amendé. Les émanations passent de 0.04 à 0.02 gramme d'équivalence de toxicité entre 2003 et 2004 (ET).

En consultant les statistiques d’émissions de ces substances pour 2005, déjà disponibles à l’INRP – le rapport À l’heure des comptes 2005 ne sera rendu public qu’à l’automne 2008 – on réalise qu’entre 2004 et 2005 les émissions dans l’air augmentent à nouveau les portants à 0.083. Au-dessus des nouvelles normes provinciales 2006. Si les rejets d’enfouissement – la plus grande partie des rejets – de l’incinérateur suivent la même courbe, l’incinérateur de Québec, pourrait se retrouver au premier rang Canadien pour l’émission de furannes et dioxines dans le rapport de l’an prochain.

Benoît Delisle, directeur du service des matières résiduelles à la Ville de Québec, se veut rassurant. Il affirme que l’incinérateur dispose d’une bonne technologie. 25 M$ ont été investis au cours des deux dernières années à sa mise à niveau. «L’incinérateur est pénalisé tout simplement parce qu’il est plus transparent. L’INRP jusqu’à maintenant demandait aux industries de transmettre ce qu’elle savait. Les émissions sont absolument infimes. Avec les nouveaux critères d’évaluation vous verrez au cours des prochaines années, l’incinérateur de Québec descendra au bas de la liste du rapport à «L’heure des comptes», assure-t-il.

Avec un horizon de fonctionnement prévu jusqu’en 2024, c’est à souhaiter. Les dioxines et les furannes imprègnent les sols, et l’eau et remontent la chaîne alimentaire jusqu’à nous par la viande et le poisson que nous ingurgitons se concentrant de plus en plus au haut de la chaîne alimentaire. Même si l’incinérateur ferme effectivement en 2024, ces produits pourront affecter la santé des résidents de la grande région de Québec pour encore longtemps.

TB:De l’autre côté du fleuve

B:Sur le site de l’INRP, un émetteur sert d’exemple à suivre au Canada: « Au cours des dix dernières années, au Canada, les rejets atmosphériques ont diminué d'environ 60 % en raison de fermetures ou d'amélioration à des installations. La plus grande réussite a été la mise à niveau de l'incinérateur de déchets municipaux de Lévis au Québec qui a permis d'amener la plus grande source de dioxines et de furannes à passer sous le niveau de dosage, ce qui constitue une quasi-élimination des rejets de cette source.» L’incinérateur de Lévis brule environ 25 000 tonnes de déchets par année, douze fois moins que celui de Québec.

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