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Charles Bédard: un quincailler pour qui le respect de la tradition compte

par Jean-Marc Pageau, collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 22 octobre 2007 à 7:30
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Charles Bédard: un quincailler pour qui le respect de la tradition compte
Charles Bédard.
Charles Bédard: un quincailler pour qui le respect de la tradition compte
Récemment, j’apprenais que Charles Bédard, des quincailleries du même nom, remettait un chèque de plus de 40 000 $, recueilli lors de son tournoi de golf, pour venir en aide à l’association des maladies infantiles de la région de Québec de même qu’un montant d’argent et des matériaux offerts à la Maison l’Éclaircie qui s’occupe des jeunes boulimiques et anorexiques. Je suis donc allé prendre un café avec M. Bédard et cette semaine je vous rends compte de notre brève rencontre.
Québec Hebdo - Le nom de Charles Bédard est bien connu dans la région de Québec, depuis combien de temps votre famille est-elle associée au monde de la construction et de la rénovation?
Charles Bédard - «Depuis 1956. Mon père a ouvert son premier magasin sur la rue Giroux à Loretteville. La famille, mes frères et ma sœur, on a tous grandi avec ce commerce. Mon père est décédé en 1985 et nous avons pris la relève. Mais, c’est en 1998 que j’ai racheté les parts de mes frères et de ma sœur, et j’ai poursuivi l’expansion de la compagnie. À ce moment-là, nous avions un chiffre d’affaires de 3,5 M$, alors qu’aujourd’hui je m’approche des 30 M$ de chiffres d’affaires.»
QH - Vous aviez combien de magasins?
CB - «Maintenant nous avons trois succursales puisque récemment j’ai vendu le magasin de Rivière-à-Pierre.»
QH - Vous êtes maintenant sous la bannière Rona, mais la population vous identifie encore sous le nom de quincaillerie Bédard. Cela vous surprend-il?
CB - «Pas du tout au contraire. Mon père se prénommait Charles-E, moi c’est Charles et mon fils porte le même prénom que son grand-père. Charles E. Bédard identifie notre commerce depuis trois générations puisque mon fils se prépare à prendre la relève. Nous sommes propriétaires à 100 % de l’entreprise, mais aujourd’hui sous la bannière Rona. D’ailleurs depuis que nous sommes sous cette bannière notre chiffre d’affaires a augmenté de 30 %. De plus, nous avons une division grossiste qui distribue des matériaux à plus de 400 clients à travers tout le Québec.»
QH - Vous avez donc commencé très jeune dans ce commerce?
CB - «Je n’ai jamais connu autre chose. Je me suis joint à mon père dès l’âge de 16 ans. J’étais déjà un mordu de ce commerce et je le suis toujours. Pour moi c’est une vraie drogue. Je n’en ai jamais assez. J’en veux toujours plus. Même si je travaille très fort, pendant de longues heures et des semaines interminables, je n’ai jamais regretté mon choix.»
QH - Vous avez combien d’employés aujourd’hui?
CB - «Plus de 90 personnes travaillent dans nos différentes succursales, en plus de tous ceux qui sont affectés à notre division-grossiste à l’entrepôt et pour opérer une flotte d’une dizaine de camions-remorques.»
QH - Est-ce que vous avez des projets d’expansion?
CB - «Il y a effectivement un gros projet sur la table. Je ne peux malheureusement pas en parler actuellement. Simplement vous rappeler que récemment le président de Rona annonçait l’ouverture de cinq nouveaux magasins dans la grande région de Québec d’ici quelques années. À partir de là vous pouvez faire vos déductions. Est-ce que Charles Bédard est concerné? L’avenir nous le dira.»
QH - Est-ce que vous voudriez que vos enfants vous succèdent?
CB - «J’ai deux filles et un garçon et je suis convaincu que pour l’instant mon garçon s’intéresse à l’entreprise. Il n’a que 16 ans et il est aux études, mais il se prépare en conséquence. Tout ce que j’accomplis est en prévision que mes enfants me remplacent un jour. Je travaille très fort pour leur laisser une entreprise en santé.»
QH - Justement comment entrevoyez-vous l’avenir du commerce au détail dans ce secteur de la construction et de la rénovation?
CB - «On en arrivera rapidement à une saturation. Déjà, on a perdu beaucoup de petite quincaillerie. Bientôt, il ne restera que des entreprises intermédiaires comme la nôtre et des grandes surfaces. Nous devons nous diversifier. La petite quincaillerie sans pouvoir d’achat c’est fini. Le marché est saturé. Dans la seule région de Québec il y a six magasins grande surface dans notre domaine. C’est une compétition féroce. Il faut avoir les reins solides et les yeux bien ouverts.»
QH - Un des sujets de l’heure actuellement c’est l’âge de la retraite. Selon vous à quel âge devrait-on prendre sa retraite?
CB - «Cela dépend évidemment de bien des facteurs, mais personnellement je prendrais ma retraite à 50 ans. J’ai 43 ans, mes enfants seront bientôt prêts à me succéder et je pourrai peut-être réaliser ce rêve. Après quelques années avec eux pour bien les "partir", je les laisserai voler de leurs propres ailes et je me retirerai. Je suis un amateur de chasse et pêche et j’adore la nature, je voudrais donc en profiter le plus tôt possible. Je demeurerai comme conseiller à mes enfants et je profiterai de la vie. Dans une situation comme celle-là je serai heureux comme un roi!»

* (Collaboration spéciale Jean-Marc Pageau)

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