Les feuilles tombent… sous une pluie de livres
Ah, l’automne! Ceux qui le détestent diront qu’il fait froid, que les journées sont de plus en plus courtes et que c’est la période la plus fertile pour attraper les pires microbes. Toutefois, d’autres sentiront leur cœur vibrer à la vue des premiers flocons, au caractère enchanteur des paysages colorés dignes des plus belles cartes postales, et profiteront de la fraîcheur des soirées pour s'adonner à la lecture devant un feu de foyer. Pour eux, voici ces quelques suggestions.
Dawson Kid, Éditions du Boréal, 192 pages
Vertigineux, voilà le mot qui décrit le mieux Dawson Kid, le premier roman de Simon Girard. En s'assurant de rendre la moindre sensation avec une précision obsessionnelle, l'auteur donne l'impression de décrire un cauchemar les yeux ouverts. Le lecteur n'a alors d'autre choix que de se laisser basculer, comme le fait un bambin qui grimpe pour la première fois dans un manège.
«Elle s'appelle Rose Bourassa. Elle a 20 ans. Il y a deux choses qui ne la quittent jamais : l'idée de la mort, sa propre mort, et une sourde envie de cogner. Que ce soit au Gold, où elle danse autour des poteaux, ou dans les couloirs du métro. Jusqu'au jour où elle commence son entraînement à la boxe en compagnie de son coach. Un coach qui lui enfonce ses gants comme une mère met sa tuque à son enfant, en la brassant un peu, parce qu'elle est dans la lune, au paradis, entre des mains aimantes. Elle se dit alors qu'elle a peut-être réussi à faire reculer sa mort.»
Vous êtes ici, Éditions Québec Amérique, 280 pages
Avec Vous êtes ici, son quatrième roman, François Gravel présente la vie quotidienne d'une équipe d'agents de sécurité plus attachants les uns que les autres. À travers une histoire bien ficelée, il propose un huis clos très achalandé qui dévoile les dessous d'un centre commercial, et peut-être aussi ceux de notre société.
«Rien ne va plus aux Galeries de la Rive-Sud. Des pères Noël verts, des téléviseurs peints en rouge, une enseigne de McDo fondue, des manteaux de cuir abandonnés dans un plafond, une vieille dame qui cherche en vain le traversier qui la ramènera dans le passé… Heureusement qu'il s'y trouve des agents de sécurité cultivés qui prennent leur métier à cœur. Véritables casques bleus, les membres de cette équipe hétéroclite, dont fait partie Viateur, ont de quoi s'occuper. Parfois même plus qu'ils n'en demandent.»
Hystéro, Éditions Marchand de feuilles, 176 pages
Désir, amour et séduction au féminin, tels sont les thèmes que propose l'auteure Hélène Bard, dans Hystéro. Une histoire à la sauce Tristan et Iseult, avec comme toile de fond Baie-Saint-Paul, au cœur de l'année mythique 1988. Comme un cri icarien qui fait grimper l'insuline, l'œuvre met en vedette des personnages aux jeans taille haute délavés à l'acide et aux manteaux de cuir ornés de zips, mais d'abord et avant tout, une «fille d'à côté» au cœur qui s'évade.
«Il n'y a pas d'âge pour découvrir sa sexualité. Élisabeth, elle, avait quatre ans. Très tôt, elle s'amuse avec les garçons, souhaitant être celle qui sera vue et désirée. Entre ses premiers baisers et ses premiers amours, la jeune adolescente de Baie-Saint-Paul fait la connaissance de Gabriel. Le 13 mai 1988, elle a 12 ans. Il en a 16. Ils sortent ensemble pendant 11 jours et ne s'embrassent qu'une seule fois. Mais ça ne s'arrête jamais.»
Les carnets de Douglas, Éditions Alto, 204 pages
Première œuvre pour adulte de l'écrivaine Christine Eddie, le roman Les carnets de Douglas propose une variation intelligente sur les questions de la responsabilité et de l'engagement. Le tout au cœur de Rivière-aux-Oies, un endroit beaucoup trop discret pour figurer sur une carte, mais où la vie, là aussi, fait des siennes.
«Il est le rejeton d'une riche famille, le mouton noir d'un clan qui l'ignore. Elle a perdu sa mère et fuit la violence de son père. Tous deux déracinés, ils se trouvent, s'aiment, puis se perdent. Les années passent, la modernité fait ses ravages, les mentalités évoluent, mais la passion persiste.»
Mal élevé, Éditions Québec Amérique, 200 pages.
Plusieurs l'attendaient avec impatience, le voilà enfin : Le Dompierre nouveau! Après Un petit pas pour l'homme, un premier roman qui dressait le portrait mordant de la rupture amoureuse, Mal élevé se veut pour sa part l'histoire d'un coup de foudre, d'un déménagement, et de tout ce qui s'en suit. Un bel exemple d'écriture vive et intelligente, où la profondeur et l'autodérision vont de pair.
«Avec sa jolie gueule de chanteur rebelle, Alex accumule les conquêtes féminines beaucoup plus facilement que les succès radiophoniques. Amoureux pour la toute première fois, il emménage avec Sandrine, une chanteuse qui pourrait bien l'aider à connaître le succès qu'il espère depuis longtemps, si seulement il pouvait perdre l'habitude de démolir ses guitares sur scène en hurlant et se mettre plutôt à écrire des chansons d'amour. Mais le couple et la musique pop, ça fait beaucoup de compromis d'un seul coup. Et puis le but est-il vraiment atteint si on doit pour y parvenir, abandonner sa vraie nature en chemin. C'est à voir… ou plutôt à lire!»