Quand le hasard fait bien les choses
L'histoire du duo Alfa Rococo mérite d'être racontée. D'abord, il y a Justine, un brin de femme de 28 ans guidé par sa folie et qui se décrit comme étant le côté givré du Mini Wheats. Puis il y a David, le plus cérébral, la conscience, le blé entier, celui qui réfléchit aux moindres petits détails et qui ne laisse rien au hasard. À première vue, tous deux semblent à des kilomètres l'un de l'autre. La réalité est toutefois bien différente.
Il y a de ces gens qui ne font rien comme les autres. Justine et David sont de ceux-là. Leur histoire, c'est celle d'une rencontre impromptue, d'une chanson sur les papayes, d'une tournée de création en Europe, d'une minifourgonnette laissée pour morte sur l'autoroute 20 à quelques kilomètres seulement du pont Pierre-Laporte, d'un concours… puis d'un album. Le reste de l'aventure s'écrit de jour en jour, et ce, à chaque matin que le soleil se lève.
Mais leurs débuts, ils ont toujours autant de plaisir à se les remémorer. «Nous avions des amis communs. Un jour, David souhaitait faire un test de son dans son studio et il m'a demandé si ça m'intéressait, sachant que j'avais un intérêt pour la musique. On a alors composé une chanson pour sa sœur, qui traitait des papayes. Et ça cliqué», se rappelle Justine.
Rapidement, les compositions se sont enchaînées. Puis le hasard a voulu que David décroche un emploi de musicien dans la production Dralion du Cirque du Soleil, en vue d'une tournée européenne. Dans les chambres d'hôtel de Barcelone et de Zurich, avec un ordinateur portable et un studio improvisé, le duo passait ses grandes journées à écrire. Le soir, David rejoignait ses collègues du cirque le temps d'une représentation.
«Ce fut un moment important, car ça nous a donné la chance d'amasser l'argent nécessaire à la production de l'album, d'expliquer David. En peu de temps, nous disposions d'un montant de 20 000 $. Il nous était donc possible de mettre sur pied notre projet.»
À peine était-elle de retour au Québec que la paire de musiciens prenait part aux Francouvertes, se qualifiant même pour la demi-finale. Une belle surprise, qui a surtout permis de voir le rêve prendre réellement forme sur scène.
Puis il y a eu le concours Le plus beau rythme du Québec, en collaboration avec le Festival d'été de Québec. Une journée que Justine et David ne sont pas prêts d'oublier.
«La veille de notre prestation, j'ai fait l'acquisition d'une belle minifourgonnette au coût de 1 500 $, raconte David. Mine de rien, elle allait nous permettre de transporter nos instruments. Mais voilà qu'à la hauteur de Saint-Nicolas, elle décide de s'arrêter net. Plus rien. Le pire investissement de ma vie. Du coup, c'était la catastrophe. On nous attendait au parc de la Francophonie pour les tests de son dans moins de 30 minutes. Heureusement, nos copains nous suivaient, alors on a réussi à tout entasser dans leurs voitures et à se rendre à temps. Notre motivation, c'était de regagner le montant ayant servi à l'achat de la minifourgonnette.»
Surfant sur ce success-story, le duo a produit un premier album, Lever l'ancre, dont le premier titre, Les jours de pluie, s'est rapidement imposé sur les ondes des différentes stations de la province. D'ici la fin décembre, les deux joyeux lurons trimbaleront leur musique pop-rock-électro aux quatre coins du Québec. Un arrêt dans la capitale est d'ailleurs prévu le 24 octobre prochain au Théâtre Petit Champlain.
«Quatre musiciens se joignent à nous sur scène, ce qui a pour effet de créer une ambiance complètement électrique. Je mets au défi quiconque de rester assis», conclut la moitié féminine du duo.