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La communauté d’affaires s’en mêle

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 6 octobre 2007 à 8:26
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La communauté d’affaires s’en mêle
L’immigration semble être une avenue plus qu’intéressante pour contrer la pénurie de main-d’œuvre dans la région. Certaines entreprises l’ont compris depuis longtemps et n’hésitent pas à puiser dans ce bassin. La Chambre de commerce de Québec a même cru bon intervenir directement auprès de la ministre de l'Immigration pour faire valoir la spécificité des besoins de la région de Québec.
Chaque année, le dossier immigration fait partie des priorités de la Chambre de commerce de Québec (CCQ). Les actions mises de l’avant par la CCQ vont d’un service de C.V. en ligne à un volet immigration à la Foire de l’emploi, en passant par des formations auprès de ses membres sur la question. Malgré cela, la région n'attire qu’un maigre 3% des travailleurs immigrants entrant au Québec à chaque année.

Ces initiatives privées sont insuffisantes et doivent se doubler d’actions gouvernementales ciblées. Telle est l’essence du message lancé par Daniel A. Denis, président de la CCQ, à la ministre de l’Immigration lors de la consultation sur la planification de l’immigration au Québec pour la période de 2008-2010.

La présence à Montréal des bureaux du ministère de l’Immigration ne serait pas étrangère au manque à gagner de Québec en immigration, selon la CCQ. «Les immigrants arrivent tous par Montréal et souvent ils ne vont pas plus loin, indique M. Denis. C'est compréhensible en raison du bassin que représente la métropole, mais nous croyons qu'il y a moyen de faire beaucoup mieux.»

Il suggère plutôt que ce dossier soit décentralisé, sur le modèle d'Emploi-Québec, et que le ministère ouvre des bureaux en régions. Cette formule a le double avantage de s'assurer que les fonctionnaires soient bien au fait des besoins de la région et qu'ils établissent des plans d'action en conséquence. «Lors d'un récent voyage à Paris, nous avons visité les bureaux d'Immigration Québec et nous y avons vu que de la documentation sur Montréal, ajoute M. Denis. Des bureaux régionaux permettraient de mieux sensibiliser le ministère aux particularités régionales.»

Non seulement, il reste beaucoup à faire pour que les immigrants s'établissent en nombre suffisant dans la région, mais il faut aussi que la communauté d'affaires soit prête à les accueillir, affirme le président de la Chambre de commerce.

«Les besoins en travailleurs évoluent beaucoup plus vite que la mentalité régionale en matière d’immigration, soutient la CCQ dans son mémoire. La population n’étant pas confrontée dans son quotidien à la réalité multiethnique, comme l’est depuis plusieurs années la population de la métropole, elle garde encore des réticences face à cette ressource.» Des efforts de sensibilisation supplémentaires devraient être faits auprès des employeurs.

«Comme les entreprises de 50 employés et moins comptent pour 80% des entreprises de la région, illustre M. Denis, l'arrivée de quelques employés étrangers peut avoir beaucoup d'impact. C'est pourquoi des formations en gestion de la diversité sont essentielles.»

En conclusion, la Chambre prône un meilleur arrimage entre les besoins en main-d'oeuvre et le recrutement d'immigrants. «La meilleure façon d'intégrer les immigrants c'est par l'emploi, conclut M. Denis. En ciblant mieux l'immigration en fonction des besoins de nos entreprises, nous en sortirons tous gagnants.»

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