Articles à vendre | Vente aux enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
Québec Hebdo
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Mûrir notre réflexion sur le développement durable

François Cattapan par François Cattapan
Voir tous les articles de François Cattapan
Article mis en ligne le 21 septembre 2007 à 8:30
Soyez le premier à commenter cet article
Mûrir notre réflexion sur le développement durable
S'il est un dossier majeur qui fait craindre par l'indifférence qu'il suscite dans la population, c'est bien le projet de port méthanier qui se dessine en bordure du fleuve à Lévis. En fait, outre le milieu des affaires obnubilé par les retombées financières du développement au point d'en oublier parfois les impacts environnementaux, le commun des mortels semble littéralement dormir au gaz devant ces infrastructures qui risquent de changer le portrait de la région de Québec. Rien d'étonnant à ce que les groupes environnementaux essaient, dans une ultime tentative, de raviver le débat à l'échelle provinciale, à quelques jours d'un feu vert anticipé.

Pourtant, cette option énergétique pour laquelle le Québec dispose de bien peu d'expertise risque de laisser des traces. Si ce n'est dans le fleuve, ce sera dans l'atmosphère, car le stockage du gaz naturel liquéfié (GNL) et sa reconversion sous forme gazeuse génèrent d'importantes quantités de polluants durant le processus. Nature Québec évoque le chiffre de plusieurs milliers de tonnes de gaz à effet de serre (GES) ajouté au bilan régional. Cela, sans compter une possible catastrophe majeure tels un déversement ou un accident maritime, chose que le Bureau d'audience publique en environnement (BAPE) n'a pas considérée dans son évaluation favorable des installations proposées.

Certes, un projet de l'ampleur de Rabaska semble à première vue un investissement alléchant. Rares sont les chantiers industriels de près de 850 M$ dans la région. Il ne faudrait pas pour autant négliger les acquis et attraits qui font de la Capitale un joyau du patrimoine mondial. Juste par respect et obligation envers ce titre chargé de responsabilités, il apparaît nécessaire de mûrement réfléchir nos choix dans une réelle optique de développement durable. Que les élus et entrepreneurs qui profiteront directement des retombées d'un port méthanier en fassent la promotion, on peut comprendre. Mais que des organismes qui risquent d'être touchés voire perturbés comme l'Office du tourisme et le Port de Québec donnent leur bénédiction, sans crier au copinage aveugle, il y a néanmoins de quoi s'étonner.

D'autant plus que les questions sans réponses foisonnent. La première ayant trait à l'empressement à l'endroit d'un tel projet, alors que l'organisme Québec vert Kyoto rappelle qu'il n'existe aucune évaluation des besoins provinciaux en gaz naturel. On peut aussi se demander si un seul port méthanier ne pourrait suffire, considérant que Cacouna a obtenu l'aval en premier. Il faut également assurer l'approvisionnement en énergie, alors qu'aucun contrat n'est signé et que la concurrence mondiale semble féroce. Enfin, nombre d'autres intrigues flottent dans l'air en matière, de santé, de sécurité et de marché.

Les promoteurs de Rabaska ont beau jeu d'évoquer l'autonomie locale et la diversification des sources d'énergie pour la province. Reste qu'une fois implantée dans le décor patrimonial de Québec, cette installation devra obligatoirement faire ses frais. Or, concurrence et quête de profits vont inévitablement mener vers l'exportation chez nos voisins du Sud. À cet égard, il faudrait aussi s'interroger pourquoi les Étatsuniens ne veulent plus de ports méthaniers dans leurs eaux territoriales? Du même souffle, le fait que l'ex-ministre de l'Environnement du Québec, Thomas Mulcair, se soit opposé à un tel projet après avoir visité les installations de Boston devrait susciter la réflexion…

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


Chez nos voisins


La question du net

  • Croyez-vous que l'amélioration des conditions de travail à la Ville de Québec peut se faire sans hausse de taxes foncières ni coupure de services?
  • Oui
  • Non