Cynthia Hamel Gamache, une jeune pleine de vie et d'avenir.
Accepter son handicap et vivre pleinement selon Cynthia Hamel Gamache
Cette semaine je vous fais part d’une récente rencontre avec une charmante jeune fille qui occupe une partie de ses temps libres à faire la promotion de l’association des amputés de guerre et apporte également son soutien à de jeunes enfants souffrant de handicaps physiques. Elle-même amputée d’une partie de la jambe droite, elle n’a aucunement hésité à me parler de son handicap sachant fort bien que cela pourrait aider un autre enfant comme elle. En lisant ce qui suit, gardez à l'esprit que Cynthia Hamel Gamache n’a que 14 ans et déjà toute une philosophie de vie.
Québec Hebdo: - Cynthia, est-ce que tu parviens à vivre une vie normale malgré ce handicap?
Cynthia Hamel Gamache: - «Oui et non. Parfois, le simple regard de certaines personnes te rappelle vite que tu es une personne handicapée. Y’a des jours où c’est plus difficile. Mais, oui, je pense qu’on finit par s’habituer. J’ai bien vécu mon enfance. J’ai marché au même âge que tout le monde, avec une prothèse bien sûr, mais ça n’a pas été trop difficile. Certaines personnes ont des préjugés et cela se traduit parfois par des méchancetés. Je pense plutôt qu’elles sont curieuses et réagissent mal face à l’inconnu. Ce qui fait que, parfois, j’ai dû subir des remarques pas très gentilles.»
QH: - À l’école durant ton primaire, est-ce que ton handicap a été un obstacle?
CHG: - «Pas vraiment, grâce aux prothèses j’ai pu faire presque toutes les activités parascolaires. Je fais de la natation, du kayac et même de l’escalade. Bien sûr, je ne peux pas faire de course, mais je me contente de bien d’autres sports. Je ne me suis vraiment jamais mis de limites. J’essaie de faire un peu de tout.»
QH: - Et maintenant, comment vis-tu ton adolescence?
CHG: - «Ça va assez bien. Tu sais, à première vue mon handicap n’est pas apparent sauf en pantalon court l’été. Parfois les garçons sont alors plus distants ou un peu à la gêne. Mais après un certain temps, ils vont m’approcher. Une fois qu’on en a parlé, certains d’entre eux vont même jusqu’à l’ignorer.»
QH: - Justement, que recommandes-tu sur la façon de t’aborder?
CHG: - «Surtout, ne pas se fier à l’apparence et n’hésitez pas à poser des questions. Il faut voir plus loin que le handicap et ça ne me dérange vraiment pas d’en parler. Je crois qu'on doit s’ouvrir aux autres, parler avec le monde. Personnellement, je suis convaincue que je ne dois pas me refermer sur moi-même. Je veux que les gens découvrent ma personnalité. C’est un peu ce que je recommande aux enfants handicapés que je rencontre à titre de conseillère junior de l’association des amputés de guerre.»
QH: - En quoi consiste ton travail bénévole auprès de cette association?
CHG: - «J’essaie d’aider les plus jeunes à accepter leur handicap en parlant de leurs milieux de vie, de leurs expériences bonnes ou mauvaises. Le simple fait de rencontrer une personne vivant aussi avec un handicap, leur apporte un soutien moral important. Je sais qu’il y a des personnes handicapées comme moi qui mènent une vie presque normale, qui ont fondé une famille et qui travaillent comme tout le monde. J’essaie donc de rassurer les plus jeunes et leur apporter mon support. Ce qui est le plus important c’est d’accepter son handicap et de vivre pleinement.»
QH: - Tu as seulement 14 ans, comment imagines-tu ton avenir?
CHG: - «Je suis convaincue que d’être amputée ne va pas m’empêcher de faire ce que je veux dans la vie. Je ne pense pas que cela puisse me bloquer. Je suis capable de surmonter les obstacles. J’étudierai en communication et le journalisme m’intéresse. Ça ne m’empêchera pas non plus de me marier et d’avoir des enfants, de fonder une famille quoi!»
QH: - En terminant, as-tu des conseils à donner aux gens sur la manière d’agir lorsqu’ils rencontrent des personnes handicapées?
CHG: - «Surtout, ne pas hésiter à nous parler s’ils le désirent. Posez-nous des questions sur notre handicap. Une fois cette question réglée on pourra mieux se connaître et partager nos idées. Personnellement, j’ai rarement besoin qu’on m’aide pour me déplacer, mais si jamais c’est le cas je le demanderai. N’oubliez pas que j’ai grandi avec ce handicap et je suis devenue pas mal autonome.»
QH: - Que dire de plus, sinon que Cynthia est une ado géniale. Je vous souhaite de la rencontrer afin qu’elle vous communique sa joie de vivre et sa grande simplicité. Et, si vous me permettez une petite suggestion! Pourquoi pas un p’tit coup de pouce à l’association des amputés de guerre?
Matthieu Moquin
Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009Je tient a dire que je suis tomber sur cette article par hasard aujourd'hui. Aujourd'hui elle a 16 ans et nous sortons ensemble depuis peux de temps, mais je l'aime plus que tout. Ce qui me désole, c'est qu'elle a subit des commentaires méchant a cause de ça et aussi les commentaires que j'ai lue attaché a cette article.