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Construire sur demande… avec méthode

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 10 août 2007 à 8:30
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Construire sur demande… avec méthode
Depuis toujours, des promoteurs immobiliers déplorent que leurs projets étaient freinés par des fonctionnaires peu empressés à délivrer les permis tant attendus, afin de concrétiser leur réussite, tandis que les administrations municipales s'efforcent de superviser le développement urbain, en vue d'éviter l'anarchie résidentielle et les bâtiments dépareillés. De toute évidence, les choses n'ont pas évolué.
La récente sortie intempestive de l'entrepreneur Jean Thériault, en furie contre la lenteur des fonctionnaires de Québec, a ramené le sujet sur l'avant-scène économique locale. Rusé, le président de Construction Canadienne, qui a fait la pluie et le beau temps dans les années 1980 et qui reste nostalgique à bon droit d'une époque faste néanmoins révolue, avait bien planifié son intervention. Au retour des vacances de la construction, alors que les médias sont à l'affût des rares sujets juteux d'actualité, rien de tel pour marteler un message dans l'opinion publique.

On peut certes reprocher à M. Thériault la méthode ou le ton, voire son empressement qui le pousse parfois à aller vite en affaire en se disant que le permis de construire finira bien par être délivré, sinon il suffira de payer l'amende. Reste qu'il n'est pas seul dans cette situation. En fait, comme souvent, il exprime tout haut ce que plusieurs autres promoteurs enragent en silence. Résultat: des projets immobiliers bien ficelés et de qualité traînent en longueur au point d'être mis en péril.

Il serait pourtant simpliste de jeter le blâme sur la lourdeur bureaucratique, sans considérer l'autre côté de la médaille. De fait, les demandes de permis sont étudiées avec plus de minutie et la ville unifiée est moins encline à accepter n'importe quoi sur son territoire. Et, c'est bien ainsi. Car, le devoir de la municipalité consiste justement à assurer la qualité du développement sur son territoire, en établissant des règles afin de protéger les acquis des contribuables établis et, surtout, de garantir la valeur de leur propriété. Eux qui n'en ont qu'une, chose que certains promoteurs ayant à leur actif des centaines de constructions tendent parfois à oublier.

Autre élément négligé, l'existence d'un plan de gestion du développement pourtant rendu public par Québec il y a près de deux ans. Probablement perçu comme un mauvais rêve passager, ce geste approprié pour une ville mature fait en sorte que la construction résidentielle est favorisée dans les zones desservies (au centre) et freinée dans celles non desservies (en périphérie). C'est logique et cela évite de hausser les taxes municipales pour installer aqueduc, égout et services de proximité (collectes sanitaires, déneigement, etc.), à travers des boisés qu'on bulldoze allègrement sans trop préserver la végétation.

Et puis, l'industrie de la construction ne doit pas se porter si mal dans la Capitale, puisque comme pour répondre aux critiques acerbes, la Ville de Québec révélait que la construction résidentielle se dirige vers une année exceptionnelle. Après six mois, le nombre de permis délivrés (environ 5 000) s'avère comparable à l'an passé, alors que le nombre de logements créés a augmenté de 16 % (1 899 en 2007 contre 1 641 en 2006).

Reste que Québec ne doit pas perdre de vue que ses efforts pour contrôler l'étalement urbain sur son territoire peuvent, à force de frustrations accumulées, favoriser son déplacement vers la banlieue éloignée. Là où les payeurs de taxes sont attirés en nombre présentement. Enfin, derrière la réalité des projets retardés se profilent des drames humains. Des acheteurs bien intentionnés ayant signé des contrats de vente risquent de se retrouver entre deux chaises, pour ne pas dire entre deux toits…

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