Nouvelle production des Pijorats
Liens d’attachement présentée au Périscope
Qu’un protagoniste tente de couper les ponts de son passé tragique, causé par des personnes ayant percé et manipulé son cœur n’est pas chose simple.
Un album photo, des amis imaginaires et un voyage intérieur dans une atmosphère d’intimidation composent la trame de Liens d’attachement: Quand la vengeance devient humainement imaginaire.
La pièce, septième production de la troupe charlesbourgeoise Les Pijorats, est la troisième à être présentée au studio de création Marc-Doré du théâtre Périscope, jusqu’au 22 juillet.
L’histoire, écrite et mise en scène par Marc-André Perron, se déroule dans l’univers de Mathis (Martin Perron), ayant un pied dans l’imaginaire et l’autre dans la combien dure réalité d’un hôpital psychiatrique, où il subit des traitements pour que son équilibre psychologique soit rétabli.
«En fait, il se trouve dans un hôpital psychiatrique, puis ensuite, ça se passe dans sa tête. On peut penser à un certain moment qu’il va succomber», précise le metteur en scène, Marc-André Perron.
Les jeunes comédiens composant la distribution sont Olivier Gagnon, Vicky Lamontagne, Marie-Ève Bélanger, Élodie Bisson, Moncef Bouabda, Julie-Ann Déry, Pascale Lévesque-Bernier, Chloé Patry Robitaille, Martin Perron, Andréanne Rousseau, Catherine Veilleux.
Attaché à un douloureux passé
Parmi les comédiens, quelques-uns incarnent les amis imaginaires de Mathis, qui tenteront de le sortir de son marasme émotionnel. Car en voyant les photos, Mathis se replonge dans les situations gênantes, voire troublantes qu’il a vécues.
«Mathis a été abusé tant psychologiquement que physiquement. Il a été aimé à reculons. C’est une pièce dramatique avec une pointe d’humour noir et un côté cynique», explique Marc-André Perron. L’auteur s’inspire de son entourage, des pièces précédentes et certaines tranches de la vie au dehors.
Il n’y a pas que les «amis» de Mathis qui l’ont intimidé, mais au fur et à mesure que progresse l’action, la mère de Mathis semble y jouer une part active.
«La pièce a été écrite à partir du lien d’attachement entre la mère et son fils. Ça peut amener des conséquences graves, au niveau de l’enfant [si le lien fait défaut]. En fait, la mère n’a pas voulu de son fils; elle met une barrière entre lui et elle.»
Le masque de Mathis
Désorganisé, Mathis cachera sa faible nature sous un masque et ira s’abreuver à la source de la vengeance. De victime, il voudra devenir pour un temps bourreau.
De manipulé, Mathis voudra cette fois manipuler à sa manière les êtres qui l’ont fait souffrir, portant les noms de Mats, Jessica, Marianne, Simonne et sœur Ortance.
Mais optera-t-il pour la réelle vengeance ou le pardon des personnes qui l’ont manipulé, froissé, paralysé? Mathis aura un choix à faire.
Pour la postérité des lecteurs qui liront jusqu’au bout cet article, comme les morceaux cachés que l’on peut trouver sur certains CD, l’expression Pijorats a un sens particulier que Marc-André Perron a inventé, il y a quelques années.
Selon lui, cette définition n’est plus à jour. Soit. Mais l’histoire et les écrits restent: Pires Imbéciles Jamais Oubliés Reviennent Artistes Talentueux Sympathiques.
Chose certaine, cette jeune troupe dynamique n’est pas prête de tirer sa révérence!
«Mathis a été abusé psychologiquement et physiquement. Il a été aimé à reculons»
- Marc-André Perron
Théâtrographie
- Liens d’attachement
- Telle une poupée de chiffon
- Influence
- L’œuvre inachevée
- Insane
- Ce jeu abîmé
- Et qui pourrait donc tout changer?