Clément Bédard est un homme attaché à ses racines et qui a toujours vécu de la terre à Charlesbourg.
Clément Bédard: un homme en harmonie avec la nature et la terre
Cette semaine j’ai fait une rencontre que je n’hésite pas à qualifier de «coup de cœur» de la saison. Clément Bédard est un homme tellement chaleureux, bon, simple et attachant. Nous avons beaucoup à apprendre de cette génération d’homme qui a vécu depuis toujours en harmonie avec la nature et la terre.
Dans le secteur de Charlesbourg, la famille Bédard est connue depuis plusieurs générations comme maraîchers et comme horticulteurs spécialisés dans les vivaces et fleurs coupées. En plein cœur de la ville existe encore une oasis de fleurs de 44 000 mètres carrés situés entre la 80e, le boulevard Jean-Talon, la rue Diamants et la rue Mérici. Quelques arpents verts qui résistent à l’urbanisation.
Québec Hebdo: - M. Bédard, combien de générations de votre famille ont exploité cette terre?
Clément Bédard: - «Mes fils constituent la quatrième génération de Bédard à vivre de cette terre. Personnellement, j’ai 70 ans et j’ai toujours travaillé et vécu ici. C’était la terre de mon grand-père, qui se spécialisait à l’époque dans la production et la vente de légumes. Il y a tout près de 100 ans, avec un salaire de 5 $ par semaine, il avait acheté cette terre pour 900 $. Quand mes parents en ont hérité, j’avais 18 ans et c’est à ce moment que nous avons commencé à cultiver des fleurs.»
QH: - À cette époque, où vendiez-vous vos produits?
CB: - «Je me souviens que ma grand-mère vendait ses légumes au marché Saint-Sauveur. Par la suite, nous nous sommes installés au marché Saint-Roch. Quelques années plus tard, on se retrouvait adossé au stade municipal, au marché du parc Victoria. On a connu ensuite le marché de la gare du Palais et maintenant cela fait près de 20 ans que nous sommes au marché du Vieux-Port.»
QH: - Vous avez aussi vos propres serres de culture maintenant?
CB: - «Cela fera bientôt 55 ans que je produis des fleurs et dès le départ les gens venaient acheter chez nous à la maison. Aujourd’hui, mes fils et moi avons investi dans l’installation d’une nouvelle serre tout en conservant nos anciens bâtiments. Je me souviens que dans notre première serre on chauffait strictement au bois. Mon père passait ses nuits à “nourrir le poêle” et moi je prenais la relève le jour. Encore aujourd’hui une de nos serres est chauffée au bois. Quant aux autres, elles sont alimentées à la biénergie (bois/huile).»
QH: - Vous me parlez de vos fils, c’est donc dire que la relève est assurée?
CB: - «J’ai quatre fils, deux qui travaillent pour la ville de Québec et deux qui ont étudié en comptabilité et en horticulture afin d’assurer la continuité, qui sait, encore pour plus d’une génération. Mon épouse et moi sommes toujours actifs, mais c’est sur eux que repose l’avenir de l’entreprise. Ce sont de gros travaillants, en saison pas de vacances. Des fins de semaine de congés, on ne connaît pas ça. On vit au rythme de la nature et des besoins des plantes.»
Et, pendant plus d’une heure encore, M. Bédard a raconté sa vie, photos à l’appui, anecdotes et nostalgie aussi. Je ne saurais vous recommander d’aller faire un tour au Carré Tracy Ouest à Charlesbourg. N’hésitez pas à aborder M. Bédard ou ses fils Bruno et Michel. Ça vous replace les valeurs de la vie et vous en ressortirez plein d’admiration, d’amour et d’espoir...
* (Collaboration spéciale de Jean-Marc Pageau)