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Une relève timide pour des emplois attrayants

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 23 juin 2007 à 7:30
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Une relève timide pour des emplois attrayants
Entreprises et institutions d'enseignement participent de plus en plus à des évènements visant à éveiller l'intérêt des jeunes pour les sciences et les technologies.- (Photos Jean Pascal Lavoie)
Une relève timide pour des emplois attrayants
La pénurie de main-d'œuvre touche également un secteur d'emploi particulièrement crucial pour la création de richesse, celui de la science et de la haute technologie.
La diversification économique de la région de Québec semble être une réussite. Les entreprises de haute technologie essaiment, des centres de recherche se créent ou s'agrandissent. Pourtant, un obstacle risque de venir freiner cette progression.

La relève se fait timide en science et technologie, un problème de taille pour une région où une personne sur cinq exerce une profession scientifique.

«C'est majeur, admet Fernand Labrie, directeur de la recherche au Centre de recherche du CHUL. Il faut absolument renverser la tendance et s'assurer d'intéresser les jeunes aux carrières scientifiques. Nous manquons déjà de personnel à tous les niveaux, même des chercheurs. Si ce n'est pas nous qui formons la relève, ce sont des pays comme la Chine et l'Inde qui récolteront les retombées de ces emplois.»

À la Faculté de science et génie de l'Université Laval (FSGUL), on est conscient de la situation et de nombreuses actions sont mises de l'avant pour mousser les carrières scientifiques. «En 2002, il y avait 2894 étudiants inscrits dans les programmes de génie dans l'ensemble des universités du Québec, précise Isabelle Lynch de la FSGUL. En 2005, il n'y en avait plus que 2326 alors que la demande est en hausse pour ces diplômés sur le marché du travail.»

Activités d'éveil à la science auprès des écoliers, journées portes ouvertes, programme d'études alignés sur les besoins du marché, suivi davantage personnalisé des étudiants ne sont que quelques uns des moyens mis en œuvre à la faculté pour assurer une relève.

Chez EXFO, le problème est récurrent explique Annie Simard, directrice des ressources humaines. «C'est toujours difficile de trouver des employés pour quelque poste que ce soit et la situation va en s'aggravant, confirme-t-elle. Le recrutement de main-d'œuvre de l'extérieur de la région fait d'ailleurs partie de nos nouvelles réalités.»

Bilinguisme et qualification sont les mots clés. «De plus en plus de postes requièrent de maîtriser l'anglais ce qui est trop rare parmi la main-d'œuvre de la région, poursuit Mme Simard. De même, notre entreprise n'a pas recourt qu'à des diplômés universitaires, mais aussi beaucoup de détenteurs de DEP spécialisés. Il ne faut pas négliger l'importance de ces formations pour les entreprises.»

Une particularité intéressante de la main-d'œuvre du secteur des sciences et de la haute technologie peut toutefois laisser envisager une pénurie moins aigüe que dans les autres secteurs. Si l'on se fie à une étude de Statistiques Canada qui établit que la main-d'œuvre possédant un diplôme universitaire est la plus mobile, la région devrait donc bénéficier d'un apport rapide de nouveaux travailleurs à mesure que des projets comme la NeuroCité (2 000 emplois en dix ans) ou le Centre de génomique du CHUL (400 emplois) rouleront à plein régime. Hypothèse que tend à confirmer les résultats de la première Foire virtuelle de l'emploi où 22% des 20 000 visiteurs provenaient de l'extérieur des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.
Un secteur très vendeur
S'il est un secteur qui a une légère longueur d'avance dans la région pour le recrutement d'employés de haute technologie, c'est celui du jeu vidéo. Le dynamisme et l'engouement créés par les Beenox, Ubisoft et autres développeurs rendent la tâche un peu plus facile.
«Nous sommes évidemment en compétition avec d'autres entreprises pour le recrutement de programmeurs, précise Catherine Thomas de Beenox, mais nous évoluons dans un secteur d'activités très vendeur. Avec tout ce qui se passe depuis quelques années à Québec, c'est plus facile d'accrocher de bons candidats.»

L'ouverture de programmes propres à l'industrie du jeu vidéo dans les cégeps de la région permet à Beenox d'envisager combler ses besoins avec de la main-d'œuvre locale.

«Nous prévoyons embaucher 200 personnes au cours des deux prochaines années et nous sommes confiants de pouvoir le faire ici à Québec.»

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