MONTREAL - L'Institut économique de Montréal (IEDM) estime que le Québec devrait tirer profit de la demande croissante d'eau en préparant le terrain à des exportations d'eau en vrac qui pourraient rapporter à la province des milliards de dollars par année.
Dans un rapport intitulé "L'exportation d'eau douce pour le développement de l'or bleu québécois", rendu public mercredi, l'IEDM écrit que "le Québec doit prendre l'initiative de commencer à étudier sérieusement la possibilité de contribuer à mettre en place des marchés de l'eau comme moyen privilégié de répondre à la nécessité imminente de partager, grâce au commerce, les ressources hydriques avec les autres populations du continent nord-américain et éventuellement de la planète entière".
La province générerait des revenus bruts annuels de 65 milliards $ si elle exportait 10 pour cent de ses 1000 milliards de mètres cubes d'eau douce par an, est-il écrit dans le document préparé par Marcel Boyer, vice-président et économiste en chef de l'organisme.
La valeur de l'"eau douce renouvelable" n'est pas certaine, mais l'IEDM base la valeur potentielle des exportations sur le coût annuel du dessalement, aujourd'hui estimé à 0,65 cents le mètre cube.
Des redevances de 10 pour cent rapporteraient 6,5 milliards $ par année à la province.
Ce rapport est rendu public une semaine après que La Presse Canadienne eut révélé que le ministère fédéral de l'Environnement a prévenu dans un document interne, en décembre dernier, que les réserves d'eau douce du pays ne sont pas aussi importantes qu'on l'a déjà pensé, et que le changement climatique et la croissance de la population diminueront les ressources.
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