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Harper retarde deux votes de confiance pour éviter de perdre le pouvoir

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 novembre 2008 à 0:00
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Harper retarde deux votes de confiance pour éviter de perdre le pouvoir
L'ancien premier ministre libéral Jean Chrétien. THE CANADIAN PRESS/Fred Chartrand, File
OTTAWA - Poussé dans ses derniers retranchements par l'opposition, le premier ministre Stephen Harper a décidé vendredi de retarder deux votes de confiance auxquels il devait faire face dès lundi et qui risquaient de se solder par la chute de son gouvernement.
Ainsi, la journée d'opposition prévue pour lundi prochain et au cours de laquelle les libéraux prévoyaient déposer une motion de défiance aura plutôt lieu le 8 décembre, jour d'élection générale au Québec.
Le leader du gouvernement à la Chambre, Jay Hill, a par ailleurs précisé que le gouvernement ne provoquerait aucun vote de confiance avant cette date, pas même celui sur l'énoncé économique du ministre des Finances, Jim Flaherty, qui devait également avoir lieu lundi prochain.
C'est ce document, qui prévoit entre autres l'abolition des subventions aux partis politiques et la suspension du droit de grève des fonctionnaires jusqu'en 2011, qui est à l'origine de la crise politique qui secoue la capitale fédérale.
Son contenu s'est attiré une volée de bois vert d'un bout à l'autre du pays. Les trois partis d'opposition ont été unanimes à dénoncer son contenu et à se plaindre du fait qu'il ne contenait aucune mesure de relance pour l'économie canadienne pourtant au bord de la récession.
"Le 8 décembre, la Chambre des communes aura l'opportunité de voter sur la tentative de l'opposition de renverser les résultats des élections. Entre-temps, on va continuer de gouverner et pendant ce temps les Canadiens peuvent faire connaître leur point de vue sur cette question à tous leurs députés", a fait valoir M. Harper, dans une brève déclaration à la presse, allant jusqu'à accuser ses adversaires de vouloir "s'accaparer le pouvoir".
L'intervention tardive de Stephen Harper a mis fin à une folle journée sur la colline parlementaire fédérale. Elle confirme que les conservateurs ont finalement compris qu'il leur fallait prendre au sérieux les menaces des trois partis d'opposition de remplacer son gouvernement nouvellement élu par une coalition de libéraux et de néo-démocrates.
Le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'agitaient en coulisses depuis jeudi soir pour s'entendre sur le fonctionnement d'une telle alliance et en faire une solution de rechange viable.
Les anciens chefs Jean Chrétien et Ed Broadbent se sont parlés à plusieurs reprises pour amorcer un rapprochement entre les deux partis. Les négociateurs désignés avaient même réussi à s'entendre, vendredi, sur le partage des responsabilités au sein d'un éventuel conseil des ministres.
Le répit que se sont accordés les conservateurs ne semble pas avoir détourné leurs vis-à-vis de leur objectif. Une source au sein du NPD a en effet indiqué que les discussions se poursuivraient samedi, comme prévu.
Le Bloc québécois ne ferait pas partie d'un gouvernement de coalition, mais il aurait le pouvoir d'influencer ses décisions puisque, même en unissant leurs forces, libéraux et néo-démocrates ne détiennent pas la majorité des sièges à la Chambre des communes.
Le chef du Bloc Gilles Duceppe a d'ailleurs confirmé qu'il avait rencontré ses homologues Stéphane Dion et Jack Layton au cours des dernières heures.
"Nous, on a toujours agi enjeu par enjeu en appuyant ce qui va dans le sens des intérêts, des valeurs du Québec. Et on sera ouvert à appuyer une coalition qui respectera davantage le Québec", a déclaré le chef bloquiste, à l'issue de la période des questions.
Pour Stephen Harper et ses conseillers, ces manigances s'apparentent à un "coup d'Etat". En matinée, des députés accusaient l'opposition de vouloir "usurper" le pouvoir par des manoeuvres illégales.
Le premier ministre n'a pas été aussi loin. S'adressant directement à la caméra, il a toutefois tenté de convaincre les Canadiens que le comportement des partis d'opposition ne respectait pas les règles élémentaires de la démocratie.
" L'opposition est tout à fait en droit de défaire le gouvernement. Mais Stéphane Dion n'a pas le droit de prendre le pouvoir sans élections. Le gouvernement du Canada doit être choisi par les Canadiens et les Canadiennes, pas par des ententes élaborées en coulisses", a-t-il martelé.
"Ca devrait être votre choix, pas le leur. Et on doit tous défendre le droit de la population canadienne de choisir son propre gouvernement", a-t-il ajouté. Il a invité les électeurs à faire part à leurs députés de leur commentaires sur le psychodrame qui s'est joué à Ottawa cette semaine.
Même s'ils ont eu des sueurs froides, les conservateurs ne semblent cependant pas tout à fait prêts à changer leur approche de la crise financière mondiale. "Nous ne prévoyons pas de changement. Nous mettons de l'avant des mesures de stimulation de l'économie de façon continue et nous allons continuer de le faire", a indiqué un responsable gouvernemental, sous le couvert de l'anonymat.
Le premier ministre a néanmoins promis, pour le début de l'an prochain, des mesures de relance conçues en collaboration avec les provinces et les autres pays du G20.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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Robert Lapierre

Commentaire mis en ligne le 28 novembre 2008
Un gouvernement minoritaire se doit d'agir en conséquence. Faire ou laisser faire le contraire est antidémocratique........go. go, go, vive la coalition et un gouvernement de centre gauche

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