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L'opposition craint que la crise ne devienne prétexte à compressions

Presse Canadienne Article mis en ligne le 23 novembre 2008 à 0:00
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OTTAWA - Les partis d'opposition craignent que le gouvernement de Stephen Harper ne se serve de la crise économique mondiale pour justifier des compressions motivées par une idéologie néo-conservatrice.
Ils scruteront attentivement les prévisions de dépenses supplémentaires, qui doivent être rendues publiques ce lundi, afin d'essayer de prouver que le gouvernement prend prétexte de la situation pour justifier des réductions qui auraient normalement été trop politiquement délicates.
Des conservateurs purs et durs comme Tom Flanagan, un ancien chef de cabinet de M. Harper, espèrent que le gouvernement conservateur procédera à de telles coupes, qui sont cohérentes avec l'objectif à long terme de M. Harper, soit de réduire la taille du gouvernement.
Le gouvernement s'est déjà servi de l'argument de la crise pour éliminer une mesure qu'il considérait inutile. Il a mis au rancart le projet de création d'une galerie nationale de portraits, invoquant la nécessité de restreindre les dépenses en période d'incertitude.
Du point de vue de M. Flanagan, le gouvernement ferait bien d'abolir aussi divers programmes de subventions aux entreprises, à la culture et aux autochtones, qu'il considère comme du gaspillage. Mais plusieurs conservateurs doutent que le régime minoritaire du premier ministre Harper ait le pouvoir ou le désir de se livrer à des compressions budgétaires potentiellement controversées.
Les députés de l'opposition soupçonnent le gouvernement de vouloir s'en prendre notamment à la Société Radio-Canada, que les conservateurs considèrent comme un nid de sympathisants libéraux. Les conservateurs ont semblé préparer l'opinion publique en ce sens, récemment, en soulignant des allégations de dépenses excessives à propos du diffuseur public.
Ce serait tout à fait cohérent avec les idées des conservateurs, surtout maintenant qu'ils peuvent invoquer l'argument d'un ralentissement économique, de sabrer dans les programmes et les institutions qu'ils n'aiment pas, a commenté le porte-parole libéral pour les questions de finance, Scott Brison.
L'opposition craint aussi que le gouvernement essaie de réduire la taille de la fonction publique et de vendre Energie atomique du Canada.
Ralph Goodale, un ex-ministre libéral des Finances, prédit que le penchant des conservateurs pour la réduction du rôle du gouvernement du Canada va s'accentuer. Selon lui, M. Harper l'attribuera à la situation internationale, mais en réalité, il n'aura que lui-même à blâmer.
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