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La crise à Ottawa stimulera la ferveur souverainiste, espère Pauline Marois

Presse Canadienne Article mis en ligne le 4 décembre 2008 à 0:00
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MONTREAL - Stephen Harper a largué le Québec, juge Pauline Marois, qui espère que la crise politique déchirant le Canada relancera la ferveur souverainiste.
Réagissant jeudi à la prorogation de la session parlementaire à Ottawa, qui permet au gouvernement conservateur de se maintenir au pouvoir, la chef péquiste a indiqué qu'elle empêchait la concrétisation des gains pour le Québec arrachés par le Bloc québécois à la coalition des partis d'opposition.
Elle a ajouté que cette crise fait plus que jamais la démonstration des deux solitudes.
"Cela a mis en lumière qu'il y a vraiment deux nations dans ce pays, que les intérêts des uns et des autres s'opposent parfois et dans le cas présent, ils se sont opposés très clairement", a déclaré Mme Marois, au cours d'un impromptu de presse à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.
Plus tôt à Montréal, Mme Marois a affirmé que les commentaires du premier ministre Stephen Harper à l'endroit "des séparatistes" du Bloc québécois risquent fortement de mobiliser les troupes souverainistes.
"Si cette crise-là a pour impact de réveiller les souverainistes qui s'étaient un peu assoupis, je dis tant mieux, mais ce n'est pas nous qui l'avons provoquée", a-t-elle précisé, accusant à nouveau M. Harper d'être à l'origine de la tourmente actuelle.
Elle s'est aussi défendue de se réjouir de la crise qui divise le pays, même si elle peut servir la cause du Parti québécois.
"Non, je ne suis pas contente parce que actuellement, avec la pagaille que l'on connaît à Ottawa, ce sont des décisions qui ne sont pas prises et qui pourraient aider le Québec au plan économique", a affirmé Mme Marois.
Elle dit seulement observer que des gens sont profondément mécontents du traitement réservé au Bloc, alors que, selon elle, le parti souverainiste s'est comporté de façon à défendre les intérêts des Québécois.
Le chef adéquiste Mario Dumont, qui a voté pour les conservateurs aux dernières élections, s'est pour sa part montré satisfait du dénouement de la crise politique, qu'il juge terminée.
M. Dumont croit que, malgré les publicités des conservateurs discréditant l'adhésion du Bloc québécois à la coalition, M. Harper n'a pas transformé la crise politique en crise sur l'unité canadienne.
"A l'heure où on se parle, je pense qu'on ne peut pas parler de ce genre de crise-là, a-t-il dit lors d'un point de presse dans un salon de quilles de Québec. Pour ce qui est de la crise politique et parlementaire, elle est pour le moment terminée et c'est ce qui devait arriver."
M. Dumont, qui avait réclamé mercredi que M. Harper calme le jeu, s'est dit satisfait du ton avec lequel le premier ministre a pris la parole jeudi.
"Il a clairement calmé le ton, a-t-il dit. Maintenant, il doit continuer à traiter tous les partis d'opposition sur un pied d'égalité, il doit avoir une écoute et une ouverture pour tous les partis d'opposition."
A son avis, la prorogation permettra aux députés fédéraux de se reconnecter sur les préoccupations réelles de leurs électeurs.
M. Dumont a soutenu que la confusion à la Chambre des communes a été déclenchée par la soif de pouvoir des quatre partis fédéraux qui y sont représentés.
Il a dressé un parallèle avec le déclenchement de la campagne québécoise, décidée par le chef libéral Jean Charest, alors qu'une majorité d'électeurs ne souhaitaient pas de scrutin.
"C'est la soif de pouvoir qui est à l'origine du dérapage fédéral et de l'élection déclenchée par Jean Charest, alors je dis aux gens: 'lundi, si vous en avez assez de ce genre de comportement politique, vous avez une occasion comme électeurs de le dire.'"
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