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Marois et Dumont trouvent que Charest fait preuve d'arrogance

Presse Canadienne Article mis en ligne le 30 novembre 2008 à 0:00
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Marois et Dumont trouvent que Charest fait preuve d'arrogance
Jean Charest et un supporteur en Sherbrooke, le 30 novembre, 2008. LA PRESSE CANADIENNE/Paul Chiasson
Tant Pauline Marois que Mario Dumont réfutent les déclarations de leur adversaire Jean Charest selon lesquelles la crise politique au pays prouve la nécessité d'élire un gouvernement libéral majoritaire, le 8 décembre.
Selon M. Dumont, Jean Charest demande aux Québécois un gouvernement majoritaire pour les mauvaises raisons. Il prête à son adversaire libéral l'intention de vouloir faire des nominations partisanes et d'attribuer des contrats à des sympathisants.
"Toute sa logique de gouvernement majoritaire ne tient pas, a dénoncé le leader adéquiste devant les journalistes en matinée. Il demande un gouvernement majoritaire, on est obligé de conclure que c'est pour lui, c'est pour ses amis libéraux, c'est pour faire plus de nominations partisanes, c'est pour récompenser des libéraux et non pas pour travailler mieux pour les Québécois parce que pour ça, il n'aurait pas besoin du tout d'un gouvernement majoritaire."
M. Dumont a rappelé que l'ADQ et le PQ étaient prêts à collaborer avec le gouvernement Charest pour faire face à la crise économique mais que M. Charest avait préféré déclencher des élections.
Pour Mme Marois, il ne faut pas accorder une majorité aux libéraux en raison de l'arrogance de son chef, un terme qui revient souvent dans ses discours. Si M. Charest obtient un mandat majoritaire le 8 décembre, il deviendra "autoritaire", selon elle, et n'écoutera plus personne.
Mme Marois a même comparé M. Charest à Stephen Harper, disant que tous deux affichaient du mépris pour le Québec.
"Jean Charest, Stephen Harper, même combat", a-t-elle dit, en leur reprochant d'avoir fait primer leur appétit de pouvoir à la gestion de la crise économique, en ayant déclenché tous les deux, à quelques mois d'intervalle, des élections générales.
Par ailleurs, M. Charest refuse de rejeter d'emblée l'énoncé économique présenté la semaine dernière par le gouvernement conservateur et s'abstient de se prononcer. Il a refusé encore une fois de commenter la crise ou d'entrer dans le contenu du controversé énoncé fédéral, reprenant sa thèse selon laquelle il s'agit là d'une preuve démontrant à quel point un gouvernement majoritaire fort est nécessaire, même au Québec, pour éviter une telle instabilité politique.
"Je ne veux pas me mêler d'un débat au niveau fédéral qui va tourner autour d'une question de confiance à la Chambre des communes, d'autant plus que je me suis prononcé au nom de tous les Québécois sans exception et sans tenir compte des allégeances politiques de parti. Je l'ai fait comme premier ministre du Québec pendant la campagne électorale fédérale."
Des autos
Mme Marois et M. Dumont ont accusé M. Charest de faire preuve d'arrogance parce que celui-ci aurait déjà commandé trois voitures de fonction sans attendre la fin de la campagne électorale.
Dans son édition de dimanche, le Journal de Montréal indiquait que M. Charest avait déjà commandé des véhicules de fonction pour lui et pour sa femme.
Selon Mario Dumont, les libéraux vendent la peau de l'ours avant de l'avoir tué et sont arrogants puisqu'ils se croient au-dessus de tout le monde. Il estime qu'il aurait fallu attendre avant de passer la commande de la voiture de fonction, pour respecter le choix des Québécois le 8 décembre.
Mme Marois a soutenu que le chef libéral avait caché cette information durant la campagne électorale, comme il a caché la situation financière réelle à la Caisse de dépôt et placement.
Jean Charest se défend en affirmant que c'est la Sûreté du Québec qui s'occupe de ces choses et que, de toute façon, c'est la coutume depuis plusieurs années. Il a ensuite précisé que sa seule intervention dans ce dossier avait été de demander à ce qu'il s'agisse d'une voiture hybride, pour des raisons écologiques.
"C'est la SQ qui prend ces décisions là parce que cela relève de la sécurité", a-t-il dit.
Il a aussi fait valoir que le contrat de location de l'actuelle voiture arrivait à échéance en août et que la voiture avait fait son temps, qu'il fallait donc la renouveler.
Encore la Caisse
Après l'ADQ et le PQ, c'est au tour de Québec solidaire à attaquer les libéraux en utilisant la Caisse de dépôt et de placement.
Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a demandé à M. Charest de reconnaître son erreur et d'avouer sa responsabilité quant à son choix politique de modifier le mandat de la Caisse de dépôt, en portant le blâme des conséquences qui s'en sont suivies.
M. Charest a fait preuve d'ingérence politique en 2003, a dénoncé M. Khadir, en encourageant le président-directeur général de la CDPQ, Henri-Paul Rousseau, à favoriser la recherche d'un rendement maximum à court terme.
"Nous accusons M. Charest d'avoir dilapidé l'épargne collective des Québécois par choix politique, en 2003, quand il a abandonné l'un des deux mandats de la Caisse de dépôt et encouragé Henri-Paul Rousseau à changer la culture institutionnelle de la Caisse à la recherche d'un profit maximum, d'un profit rapide, à la recherche finalement du mirage."
Par ailleurs, le parti a déploré le manque de mission sociale qui transparaît dans les choix de la Caisse et il demande à l'institution d'investir surtout, et avant tout, dans des titres et des obligations qui ont une vocation de développement ainsi que des critères de responsabilité sociale, environnementale et de coopération internationale.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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