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La Couronne réclame une sentence exemplaire contre Daniel Cormier

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 novembre 2008 à 0:00
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MONTREAL - Le ministère public a réclamé vendredi une sentence exemplaire, soit le maximum prévu de 10 ans d'emprisonnement, contre Daniel Cormier, ce pseudo pasteur de 57 ans trouvé coupable d'agression sexuelle sur une enfant de moins de 14 ans.
La procureure de la Couronne, Anne-Andrée Charette, a estimé qu'il s'agissait là d'un des pires crimes commis par le pire des criminels.
Cormier, dont l'église du Centre-Ville accueillait des démunis, avait procédé à un mariage bidon avec la fille de 10 ans d'une de ses fidèles qu'il disait vouloir prendre sous son aile.
Le 15 octobre dernier, après plus de cinq ans et demi de procédures, la juge Sylvie Durand de la Cour du Québec l'avait finalement trouvé coupable.
La preuve a démontré que les agressions avaient duré quatre ans, alors que la fillette était âgée de 9 à 13 ans.
Cormier prétendait qu'il était légal d'avoir des relations sexuelles avec l'enfant puisqu'elle était son épouse, une défense rejetée du revers de la main par le tribunal.
Me Charette a fait valoir que plusieurs facteurs aggravants militent en faveur d'une sentence exemplaire, notamment la situation d'autorité de l'accusé et l'abus de confiance qui en découle, la vulnérabilité et l'âge de la jeune victime, la durée de quatre ans des infractions.
Cormier s'est représenté lui-même tout au long des procédures, mais a retenu les services d'un criminaliste pour l'étape des représentations sur sentence, Me Christian Gauthier, qui devait plaider en sa faveur vendredi après-midi.
La juge Durand devrait prendre l'affaire en délibéré. Il s'agirait d'un précédent puisqu'aucun cas de jurisprudence impliquant un pasteur et une enfant aussi jeune et une durée d'infraction aussi prolongée n'a pu être retracée dans les annales judiciaires canadiennes.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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Lisanne Blanchette

Commentaire mis en ligne le 1er décembre 2008
L'avocat de la défense affirme que monsieur Daniel Cormier n'a jamais nié les faits l'incriminant. Cependant, pendant des années, il a refusé de reconnaître le caractère abusif et répréhensible de ses actes. Je ne vois alors aucune valeur atténuante à cette affirmation dans la détermination de la peine du coupable. J'invite la Couronne à rester ferme sur la durée de la peine d'emprisonnement. Bien que la jurisprudence au Canada indique effectivement des peines variant entre 2 ans et 5 ans pour des infractions semblables à celles commises par monsieur Cormier, il ne faut pas minimiser la violence intrinsèque dans les agressions sexuelles contre des enfants. Il serait d'ailleurs pertinent d'ajouter que monsieur Cormier a tout fait pour retarder le processus judiciaire, par exemple en multipliant les requêtes inusitées. Les peines ne sont pas très sévères selon moi.

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