Le quatuor Naked Gun se distingue par sa fougue ensorcellante sur scène.
Séduire à coups de rock et de testostérone
Entrevue avec Naked Gun
Naked Gun, ça vous dit quelque chose? Peut-être pas encore, malheureusement pour vous, mais ça n’est qu’une question de temps. Avec l’énergie bouillonnante de chacune de leurs mélodies, ce band vous intimidera probablement par l’intensité de son rock, mais l’assommante virtuosité des quatre jeunes membres de la formation – ainsi que leur talent indiscutable – saura envoûter quiconque tendra l’oreille à ce mélange punk-rock/hardcore.
À peine deux minutes de prestation pour, d’abord tomber sous le charme, mais également comprendre illico que la place de Manuel Lemay (chanteur), Olivier Pomerleau (guitare), Maxime Roy (basse) et Jean-Philippe Simard (batterie) n’est nulle part ailleurs que sur une scène rock. Dynamique, tout sourire et pratiquement possédé de sa musique, le quatuor transpire d’une passion musicale, qu’il transmet à la goutte près à un public plus que réceptif.
«On n’a pas encore une foule de fans qui nous suit, mais la portion de public qu’on a est assez fidèle», explique le chanteur. Au cours de sa représentation de samedi soir, dans le cadre du 2nd Skin rock contest, ce dernier a même été contraint à s’arrêter alors qu’une fan est montée le rejoindre pour lui offrir une rose! S’il commence tranquillement à être apprécié, Naked Gun a auparavant connu un cheminement beaucoup moins excitant, faisant face même à une foule hostile en Beauce, lors d’un de leurs tout premiers spectacles.
Créé au départ en 2001 par Manuel et Olivier, une des principales épreuves fut d’abord d’accrocher d’autres musiciens. «Ç’a été très difficile de recruter d’autres membres, premièrement parce qu’on voulait pas tomber sur des gens qu’on serait obligé de supporter. On a donc déniché Jean-Philippe il y a un an et Max depuis quelques mois, et je dois avouer que c’est la première fois qu’on sent qu’on est un vrai band», confie le guitariste.
Duo devenu quatuor
Malgré qu’il soit passé du duo au quatuor, ce sont encore les deux instigateurs de la formation qui composent la majorité des morceaux. Principalement influencés par des groupes tels que Green Day, The Offspring ou encore Three Days Grace, Olivier imagine d’abord les harmonies et Manuel compose des paroles qui se marieront à celles-ci ainsi qu’aux pensées du groupe. Maxime et Jean-Philippe ajouteront par la suite les ajustements nécessaires, afin d’obtenir le rythme parfait retrouvé dans des pièces comme Against my ego ou Wake-up call.
Ce qui les inspire? La colère. Facile d’imaginer la puissance de leur son et la gravité de leurs paroles. Cependant, il s’agit de rage positive, selon les gars. «Le texte peut être sombre, mais il n’est surtout pas déprimant», rectifie le batteur, Jean-Philippe. «Grosso modo, on lance au public qu’ils arriveront à leurs fins seul, puisque personne ne les aidera dans la vie, comme c’est le cas pour nous», ajoute le chanteur.
Malgré que la survie de Naked Gun repose énormément sur la persévérance de Manuel et d’Olivier - «Naked Gun, à la vie, à la mort» ont-ils répétés maintes et maintes fois au cours de l’entrevue – le 2nd Skin rock contest les aidera peut-être à atteindre la place qui leur revient sur la scène rock du Québec. Les quatre jeunes hommes s'affichent d’ailleurs parmi les quatre formations finalistes lors de l’étape ultime du concours, ce 11 mai prochain au centre Monseigneur-Marcoux.
Une chance de remporter un enregistrement de CD et de vidéoclip ainsi qu’assez de promotion pour se faire connaître par une plus grande échelle de population. Gagnant ou non, avec un son pareil, fort à parier que Naked Gun s’y rendra un jour.
Implication sociale
Naked Gun, comme plusieurs formations plus connues telles que Malajube, les Vulgaires Machins, Bedouin Soundclash, Planet Smashers, et bien d’autres, a offert son hit Lucky Days au projet Music 4 Cancer, qui lancera une compilation au printemps 2007 au Québec, Music 4 Cancer – The cause, dont tous les profits iront à la Société canadienne du cancer afin de faire avancer les recherches pour vaincre cette maladie.