Déclaration conjointe des chefs du Parti libéral du Canadaet et du Parti vert du Canada
La planète n’en peut plus. Les dommages causés à notre environnement naturel par l’activité humaine sont accablants.
Aujourd’hui, la crise la plus urgente à résoudre, pour notre société, pour notre gouvernement et pour l’humanité tout entière, est celle des changements climatiques. C’est une crise irréversible à court terme: les dommages provoqués par les émissions de gaz à effet de serre, année après année, mettront plus d’un siècle à se résorber. À force d’alimenter la fournaise, nous sommes en train de déstabiliser le climat, mettant ainsi à risque l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants.
Aujourd’hui, nos deux partis sont d’accord, et la majorité des Canadiens aussi : il est urgent d’agir. Et pourtant, notre système électoral est ainsi fait qu’il pourrait reporter au pouvoir le seul parti qui ne croit pas à l’urgence d’agir. En fait, les soi-disant «plans d’action sur le climat» que ce parti a mis de l’avant vont permettre l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, accroître notre déficit par rapport aux cibles de Kyoto et entraver tout progrès à l’échelle internationale dans la lutte à cette menace mondiale.
Comme chefs de partis politiques, nous savons qu’une des marques du leadership est le sens des responsabilités. Et quelle que soit la date des prochaines élections, nous avons tous deux l’importante responsabilité de mener nos partis respectifs au succès électoral. Nos partis exigent de leurs chefs qu’ils se battent pour leurs idées et leurs candidats, d’un bout à l’autre du Canada.
Mais nous avons aussi une responsabilité envers les générations futures. Si nous voulons pouvoir protéger notre environnement, réduire nos rejets polluants de manière efficace et dynamiser notre économie, le Parlement du Canada doit changer sa composition. La Chambre des Communes doit être habitée par des députés qui reconnaissent la gravité de la menace climatique et qui sont prêts à collaborer pour en limiter les conséquences néfastes.
Nous sommes tous deux d’accord: nous devons envoyer au pays un signal sans équivoque. Le changement et le progrès doivent passer avant la partisanerie politique. Pour atteindre nos cibles de Kyoto, il nous faut des députés et un gouvernement qui comprennent vraiment la menace que représentent les changements climatiques et qui soient prêts à agir, de toute urgence. C’est cette réalité qui nous a incités à rechercher un certain degré de collaboration. Mais si le besoin d’une telle collaboration peut sembler évident à la population, il n’en va pas nécessairement de même au sein des partis politiques, pour lesquels il est impensable de collaborer avec l’adversaire.
Et bien nous l’admettons : nous sommes tous deux différents de la plupart des leaders politiques. Nous avons l’un pour l’autre un grand respect. Pour nous, la confrontation n’est pas tout. Pour nous, l’intérêt du pays et celui de la planète passent avant tout.
Pour concrétiser notre respect mutuel et notre engagement commun envers un Canada plus vert, nous avons donc chacun décidé de ne pas présenter de candidats de notre parti dans la circonscription que l’autre briguera.
Nous reconnaissons tous deux qu’un gouvernement dirigé par Stéphane Dion comme Premier ministre pourra très bien fonctionner en collaboration avec un caucus du Parti Vert dirigé par Elizabeth May et fermement engagé à agir dans le dossier du climat.
Évidemment, nos politiques respectives risquent fort de diverger dans certains domaines; mais dans d’autres, il existe des possibilités de collaboration. Par exemple, nous croyons tous deux qu’on peut faire beaucoup de progrès en matière de réforme électorale.
Indépendamment du domaine d’intervention, nous reconnaissons que même si nous sommes adversaires sur la scène politique, nous sommes tous deux très décidés à faire de la politique d’une manière différente. Cela implique un esprit de communication ouvert, transparent et honnête.
Nous avons aujourd’hui à nous occuper d’enjeux beaucoup plus importants que les traditionnelles questions de basse politique partisane. Nous sommes sûrs que les Canadiens sauront apprécier, à leur juste valeur, cet engagement commun et nos efforts conjoints pour assurer un avenir meilleur à nos enfants.
* (Source: Parti libéral du Canada)