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Le Saint-Laurent: épine dorsale de l'économie

Transport maritime

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Article mis en ligne le 6 avril 2007 à 8:30
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Le Saint-Laurent: épine dorsale de l'économie
Transport maritime
La Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) et les autorités portuaires de Québec révélaient une triste réalité la semaine dernière en rendant public les données d'un sondage du groupe Impact Recherche qui démontre, hors de tout doute, que l'industrie du transport maritime souffre d'une grave méconnaissance du grand public.
Nombre d'études et analyses révèlent que le transport maritime est à la fois plus sécuritaire, moins coûteux, plus efficace et moins polluant. Pourtant, la population perçoit le contraire. Surtout chez les plus jeunes, les moins de 35 ans, la perception est mauvaise: 27% d'entre eux estiment qu'en comparaison avec le transport ferroviaire, routier ou aérien, le transport maritime est le plus sécuritaire, 33% que son coût est le plus bas, 33% qu'il est le plus nocif pour l'environnement et 15% seulement qu'il est le plus efficace.
Le «bel âge»
À l'inverse, les plus âgés gardent une perception positive. Cette clientèle a bien connu la belle époque du cabotage sur le fleuve et les poétiques «voiture d'eau». Elle alimente sa réflexion au coin des souvenirs et avec raison. Le tonnage grandissant des navires, la multiplication des vraquiers et la popularité croissante du transport par conteneurs ont chassé les goélettes de bois qui sillonnaient le fleuve jusqu'à la fin des années 1960. À l'époque, il était impossible d'éviter le contact avec le transport maritime tellement il était omniprésent. Il n'y a pas un village riverain du Saint-Laurent qui ne possédait pas son quai pour accueillir goélettes ou caboteurs. Certains, comme celui de Saint-Jean Île d'Orléans, étaient fort spectaculaires. C'est ainsi qu'on ravitaillait les régions du Québec. Le magasin général du village y recevait son riz, sa mélasse ou ses tissus fins. La shop locale ou le moulin à scie y expédiait sa production et, quelques fois, un passager se glissait parmi l'équipage. Difficile d'ignorer le transport maritime à cette époque.
Aujourd'hui les grands navires n'accostent plus dans nos villages ou les quais, là où ils subsistent, sont à peine en mesure de recevoir la visite de quelques plaisanciers à la barre d'un canot à moteur, d'un fougueux cigar boat ou de paisibles voiliers. Finalement, on en vient à ignorer la présence, voire l'importance du transport maritime. Cette malheureuse réalité n'est pas sans conséquence, par exemple au niveau de la relève. En effet, on associe trop souvent le type d'employés qui œuvrent dans l'univers marin à des ouvriers plus ou moins spécialisés, un travail parfait pour le décrocheur du secondaire. La réalité est toute autre: pour piloter un de ces géants des mers, il faut détenir une formation équivalente à celle d'un doctorat en études supérieures!
Les faits
En marketing on dit que la perception va au-delà des faits. C'est cette fausse perception que la SODES s'emploie à corriger par une campagne publicitaire de 3 M$ actuellement en cours dans les grands médias nationaux. On cherche à faire découvrir au public l'importance du transport maritime dans le quotidien des gens, la plupart des produits de consommation courante nous parvenant par voie d'eau. La campagne fait aussi découvrir que le Saint-Laurent, porte d'entrée des Grands Lacs et des marchés intérieurs du Canada et des États-Unis, est utilisé en deçà de sa capacité. Avec sa verve habituelle, le directeur du Port de Québec, Ross Gaudreault, fait remarquer qu'avec un tel cours d'eau, «si nous étions en Chine, on aurait une telle circulation maritime, qu'on devrait installer des lumières de trafic».
Le potentiel est là. Malheureusement les gouvernements, à l'instar de la population, semblent peu conscients de la réalité et du potentiel du transport maritime et intermodal. Ne serait-ce qu'au chapitre de l'entretien, quand le tablier routier s'écroule d'année en année sous le poids des lourds camions et train-routiers. On déplore aussi l'absence d'une politique maritime nationale et québécoise qui aurait sans doute permis d'éviter les crises récurrentes de la Davie. Dans les ports du Saint-Laurent, près de 110M de tonnes de marchandises sont transbordées annuellement, dont 23M de tonnes à Québec seulement, une hausse de 50 % depuis 2001. L'industrie maritime génère des retombées de près de 1,75 G$ dont un demi-milliard en retombées directes. Elle est aussi la source de 12 000 emplois, dont 7 500 directs. En y ajoutant les retombées induites, on atteint facilement le double d'emplois.

Le Port de Québec développe avec beaucoup de maîtrise le domaine des croisières. Quelque 70 000 croisiéristes et 30 000 membres d'équipage débarquent dans la Capitale chaque année. Ce nombre va croître à nouveau par l'ajout de nouveaux navires et par le développement du terminal de croisière à titre de port de destination ou d'embarquement. Par atteindre ces résultats, au cours des 15 dernières années, le port et ses partenaires ont investi plus de 200 M$. Avec raison, M. Gaudreault souligne que ces efforts combinés permettent à Québec de rayonner sur la scène internationale dans les industries de l'agroalimentaire, des mines, de la sidérurgie, de l'énergie et du touristique.

Le Port de Québec et l'industrie du transport maritime sur le Saint-Laurent constituent un des secrets les mieux gardés dans la région alors qu'ils sont reconnus à l'étranger. Il est dans l'intérêt de tous de replacer les choses dans une juste perspective auprès de la population et des pouvoirs publics pour assurer son développement.

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