L’implantation d’un port méthanier sur la rive-sud du Saint-Laurent en face de Québec ne fait toujours pas l’unanimité. À quelques semaines du dépôt du rapport du BAPE, le débat Participe Présent a été très animé sur le sujet.
Participe Présent élargit le débat sur Rabaska
Que l'on souhaite la préservation du paysage de la région dans son intégrité ou le développement économique durable de Québec, le projet d'un port méthanier à Lévis reste au cœur de nos questionnements. Le débat de la série Participe Présent de lundi soir a permis d'en éclairer quelques-uns, mais il faudra attendre le 30 mai, date de la remise du rapport final du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), avant d'avoir toutes les réponses.
D'un côté, on y voit une avancée énergétique majeure, qui permettrait une indépendance économique au Québec, des emplois par dizaine, des millions en retombées et des baisses d'impôts et de taxes. De l'autre, on craint la persécution du patrimoine québécois, la pollution de l'environnement et la perte de qualité de vie de milliers de citoyens.
C'est sur cette divergence d'opinion qu'ont argumenté Pierre Garant, représentant du mouvement À bon port; François Bourque, chroniqueur au quotidien Le Soleil; Jacques Levasseur, porte-parole de l'Association pour la protection de l'environnement de Lévis (APPEL); et Yves St-Laurent, porte-parole de la Coalition Rabat-Joie.
Après une brève présentation des avantages de Rabaska par M. Garant, les discussions ont vite abordé la sécurité de l'emplacement, fortement questionnée, ainsi que l'impact de cette dernière sur la santé des Québécois. Selon le Dr Levasseur, Rabaska pourrait entraîner une hausse de 1,4 % des cas de cancer et présenterait des impacts sonores et psychosociaux. De plus, les deux opposants craignent qu'aucune des promesses d'emplois ou de retombées économiques ne soit respectée. «On ne va pas vendre notre âme, on va la donner», s'est écrié M. St-Laurent. Cette réplique lui a d'ailleurs valu des applaudissements du public, qui semblait majoritairement opposé au projet.
Le camp du «oui» a toutefois réussi à marquer quelques points grâce à la participation de François Bourque. La «culture de la méfiance», c'est ainsi que M. Bourque voit la propension des opposants dans la région. «On s'imagine rapidement le scénario du pire», a affirmé le journaliste. Tout en saluant les efforts des citoyens et organisations de résistance, M. Bourque a énuméré plusieurs projets qui ont fait l'objet de débats et qui aujourd'hui font partie du quotidien. C'est le cas de l'implantation de l'hôtel Palace Royal près de la place d'Youville. «Le risque est inévitable, peu importe le projet», a-t-il enchaîné.
Le débat «Rabaska ou Rabat-Joie: deux visions du développement économique irréconciliables?» sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada (106,3 FM) le dimanche 15 avril.
Richard Tremblay
Commentaire mis en ligne le 5 avril 2007Il est intéressant de concevoir que vous ayez évalué la foule des opposants à RABASKA selon le niveau de bruit sonore qu'elle émettait. Il aurait été intéressant aussi d'évaluer l'exactitude ou la véracité des déclarations économiques et techniques de chaque groupe.
Sachant que les règles de temps du débat ne permettaient pas de confronter les individus avec leurs myriades déclarations, plusieurs personnes n'ont eu aucun scrupule d'abuser de la situation.
Comme exemple, à plusieurs reprise, durant la soirée, le porte-parole de la Coalition Rabat-joie Yves St-Laurent a déclaré qu'une étude américaine récente prétendait qu'une personne se trouvant près d'un feu de GNL pourrait brûler, et cela sans autre détail.
Comme suite aux attentats du 11 septembre, l'objectif de la dite étude « Gouverment Account Office » (GAO) était d'évaluer les risques reliés à un déversement important de GNL causé par l'impact potentiel d'une attaque terroriste.
L'étude a compilé uniquement des résultats de différentes simulations mathématiques. Cela a été réalisé même si aucune mesure réelle n'existait, puisqu'il n'y a jamais eu de déversement causant des dommages corporels en 45 ans sur les méthaniers. Malgré la considération de l'hypothèse d'une énorme brèche théorique variant jusqu'à 20 m2 (15 pieds x 15 pieds) de surface les résultats ont montré que le feu n'aurait qu'une courte durée. On a supposé un déversement vaste avant l'ignition de la nappe de GNL après un long déversement et selon certaines conditions de vent et de vague.
Aux experts consultés,
On a posé la question : « quelle est la distance du rayonnement thermique de la nappe initiale? » On a répondu une valeur allant de 1/3 de mile à 1 ¼ mile.
À la question : « une fois l’ignition de la nappe de GNL amorcée combien de temps cela prend t-il pour la contraction de la nappe de GNL? ». À 95% les experts ont répondu : « très peu de temps ».
À la question quel est le temps d'exposition pour une brûlure? La réponse a été 30 secondes.
Considérant que la nappe initiale se réduit en quelque seconde, il est plutôt difficile d'accepté la conclusion de Rabat-joie du rapport du GAO, se basant sur la compilation des différents modèles mathématiques de fuites de GNL en cas uniquement d'attaque terroriste et de la coordination de plusieurs éléments simultanés très rares.
Selon le rapport :
· Pour obtenir une large brèche, cela est possible uniquement avec une attaque terroriste.
· Pour avoir une vaste nappe de GNL, il faut une grande brèche et aucune source d'ignition durant l'apparition de la brèche (pas d'explosif, pas d’étincelle,...)
L'association des pilotes du St-Laurent a prouvé avec simulateur de navigation et sa vaste expérience qu'une collision entre un méthanier au quai et un autre navire est impossible.
Dans ces conditions, comment un terroriste sans explosif, sans créer d'étincelle, sans source d'ignition pourrait causer une brèche de 20 m2 à travers la double coque d'un méthanier sans déclencher un incendie dès le début de son travail et tout cela pour obtenir une nappe de GNL comparable à la compilation de simulation mathématique du GAO?
Gens de Québec, il faut lire cette étude avec les objectifs initiaux demandés par l'initiateur GAO. Cette étude est une simulation mathématique d'une série d'événements impossibles et très peux probables avec les paramètres qui y sont apposés. CQFD.
Richard Tremblay
Lévis