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Élections provinciales: un pas de côté... pour évoluer

François Cattapan par François Cattapan
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Article mis en ligne le 30 mars 2007 à 8:50
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Élections provinciales: un pas de côté... pour évoluer
L'élection provinciale aura occasionné joies et soucis chez chacune des formations politiques. Le gouvernement minoritaire qui en découle force tout le monde à une remise en question. Une sorte de pas de côté nécessaire avant de reprendre la marche du progrès dans un paysage politique redynamisé.
Les résultats serrés, les victoires surprises et les défaites crève-cœurs qui ont marqué la longue soirée de dépouillement du vote ont tous une chose en commun. Ils annoncent du changement sinon du renouveau et à plusieurs niveaux. Contrairement à ce que certains craignent, la gestion des affaires publiques en bénéficiera à l'Assemblée nationale. Comme c'est déjà le cas à la Chambre des communes où l'État, loin d'être paralysé, fonctionne plus rondement que jamais. Il ne faut voir aucune partisanerie dans ce constat. Au contraire, car chaque parti doit désormais revoir son discours et ses méthodes. Un passage obligé pour mieux servir les électeurs, avant d'espérer les séduire.

En tête des éléments positifs à l'élection d'un gouvernement minoritaire, se trouve l'obligation de négocier. Maintenant qu'aucune formation ne domine impunément le parterre de la chambre, il devient impossible voire périlleux d'imposer ses décisions sur des dossiers qui n'ont parfois jamais été présentés à la population. Ainsi, il serait impensable de promettre des baisses d'impôt d'une main en les reprenant aussitôt de l'autre par une hausse des tarifs d'Hydro, de la SAAQ et de la SAQ. Impensable aussi de privilégier l'énergie thermique au détriment de sources plus propres comme l'hydroélectricité et l'éolien. Impensable même de fermer une institution faisant office de musée de la nature à ciel ouvert comme le Jardin zoologique de Québec.

Autre aspect bénéfique au tripartisme minoritaire; la surveillance des réels intérêts supérieurs du peuple. En plus de fonctionner par alliance et par consensus, le gouvernement s'oblige à livrer la marchandise. L'absence de résultats ou les tentatives d'égarement somnifères sont vite dénoncées et risquent de conduire à sa chute. Plus celle-ci survient tôt et plus le maigre bilan des réalisations devient un boulet lourd à traîner.

Et puis, dans la situation actuelle décidée par les électeurs le 26 mars, chaque parti politique y trouve son compte. En effet, les Libéraux aguerris continuent d'exercer le pouvoir pour un second mandat. Les Adéquistes inexpérimentés vont voir la machine fonctionner de l'intérieur. Les Péquistes exercent la balance du pouvoir tout en obtenant l'opportunité de se redéfinir. Enfin, le Parti vert et Québec solidaire continuent leur progression et, avec près de 8 % du vote, se trouvent légitimés dans leur espoir que le système évolue vers une forme de représentativité proportionnelle.

Bref, la vie démocratique se porte très bien. Elle se poursuit avec des visages nouveaux, qui en remplacent d'autres qui ont été punis soit pour leur laxisme soit par l'opportunisme d'un électorat porté par la vague du changement. Reste un message clair, tant à Ottawa qu'à Québec: les gens veulent que le gouvernement fonctionne différemment. En fait, comme il devrait toujours fonctionner: efficacement.
Tendance annoncée
Les résultats de l'élection provinciale nous permettent de revenir sur notre sondage Québec Hebdo, TQS, 93,3FM commandé à la firme Axiome de Québec. Sans faire la morale à certains chroniqueurs pompeux et lecteurs virulents, disons que nous pouvons bomber le torse. En effet, tel qu'observé dans cette enquête menée auprès de 1 039 répondants de la région de Québec, l'ADQ a remporté six sièges, le PLQ deux et le PQ un. La marge d'erreur importante à 9 % dans l'échantillon par circonscription n'influençait que très peu des écarts sentis - entre 12 et parfois 30 points - en faveur du meneur. Par ailleurs, la marge d'erreur globale du sondage - évaluée à 3 % - s'avérait moindre que celle des sondages publiés par les quotidiens. C'est ce qui a permis de voir venir la vague adéquiste sur la Capitale.
Rappelons aux candidats comme aux partisans amers qu'un sondage ne fait que prendre le pouls du moment. Comme une photo instantanée des intentions de vote à un instant précis. L'exercice ne conditionne en rien le vote populaire ni ne dépose des bulletins dans l'urne à la place des électeurs. Croire le contraire, c'est donner raison à ceux-ci d'avoir fait confiance à quelqu'un d'autre...

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