Le Palais des Festivals de Cannes accueillait plus de 2 500 exposants sur plus de 30 000 mètres carrés de surface d'exposition, à l'occasion du MIPIM.
Lutte planétaire pour susciter le développement économique
Ulsan, Uskdar, Sochi, Varna, Lodz, Malmo, Brno, voilà autant de villes qui se posent à l'échelle de la planète comme de véritables concurrentes de Québec. Alors qu'au plan politique, la lutte se fait au niveau des nations, la guerre économique se joue sur un territoire beaucoup mieux défini et plus restreint, celui des villes et des villes - régions.
Ces villes n'évoquent pas qu'exotisme ou ignorance de notre part, mais représentent plutôt des exemples probants que cette guerre se joue sur le terrain du marketing, du réseautage et de la capacité d'attraction des investisseurs. À cet égard, les villes européennes et asiatiques nous font la leçon. Chacune mise sur des avantages concurrentiels que ce soit en terme d'accès aux marchés, de capacités innovantes, de recherche et développement, de main-d'œuvre qualifiée et multilingue, de transport, d'infrastructures portuaires et aéroportuaires, etc.
En effet, 80 % des villes organisées d'une certaine envergure tablent leur développement autour de pôles de compétitivité, principalement dans les domaines de la santé ou des technologies de la communication et des médias. La planète au complet carbure à l'innovation, à la créativité, à la connaissance, à la techno spécificité.
Toujours plus et davantage
Le Marché international des professionnels de l'immobilier (MIPIM) vient tout juste de se tenir à Cannes, en France, du 13 au 16 mars. Pendant quatre jours, on y a découvert un formidable laboratoire de l'activité économique des grandes villes, de même que des villes - régions qui jouent du coude à coude pour attirer l'attention de quelque 25 000 participants, dont plusieurs milliers représentent des fonds d'investissement, des investisseurs institutionnels, des banques d'affaires à la recherche de nouveaux produits, de nouveaux marchés, de nouvelles tendances génératrices de rendement.
Jean-Yves Germain, président de l'Institut de développement urbain et président du groupe Casot (les hôtels Germain, Dominion, etc.,) assistait à cet événement pour la première fois. «Il s'agit, certainement du plus important marché auquel il m'ait été donné d'assister, observe-t-il. Les projets foisonnent et les idées se bousculent. Je ne tire pas de conclusion si on se doit d'y être comme ville, comme région, mais il faut admettre que d'autres occupent le créneau et ne ménagent pas leurs efforts pour se faire connaître et promouvoir leurs projets de développement urbain et immobilier.»
Des experts témoignent
Des firmes d'experts comme DTZ, un des grands groupes en recherche immobilière, ainsi que des gens de l'industrie comme Cisco, croient que les villes n'ont plus le choix. Elles ne peuvent payer le prix d'être mal connues ou pire méconnues. Chacune se bat pour démontrer qu'elle possède l'attractivité nécessaire. Mais au-delà des atouts universellement reconnus, les investisseurs recherchent: une vision. Quelle est l'approche globale de développement de cette ville, de cette région, notamment au plan économique et des affaires, qui fera que je vais prendre une décision aujourd'hui pour les résultats attendus demain? Quel est l'environnement réglementaire ou autre dans lequel je vais évoluer, est-il facile à comprendre, à maîtriser? Comment le milieu répondra-t-il à mon besoin en ressources qualifiées, en services de qualité, etc.?
Pour certains le défi s'inscrit avec raison sous le signe du marketing, du positionnement - nul ne peut y échapper - mais également sous l'angle du réseautage. «Cette capacité, selon Mark Miller de Cisco, de présenter des opportunités de qualité à des personnes clés. D'aucuns diront que c'est suffisant si le gros bon sens ne prévaut pas! Et là, on parle de politiques et de réglementation. C'est souvent sur ce terrain que se gagnent les projets.»
Pour Jean Morency, président de SSQ Immobilier, «on ne peut plus se développer en vase clos. ll faut se donner les atouts requis afin d'intéresser d'autres investisseurs à nos marchés. Québec est une des villes où il fait bon faire des affaires; les coûts d'implantation et d'exploitation y sont parmi les plus bas en Occident. Reste à l'inscrire sur le radar.»
À propos du MIPIM
Le MIPIM c'est le baromètre du marché immobilier au niveau international. En plus d'être un événement où des liens se créent et des contrats se signent, ce marché est aussi un révélateur des tendances, un carrefour d'échanges et un forum de réflexions.
Le MIPIM c'est: plus de 25 000 participants; en provenance de 75 pays; plus de 2 500 exposants; plus de 6 000 usagers et investisseurs dans les domaines du développement, de l'investissement, de la gestion immobilière, des services techniques; pus de 400 agences de développement économique, au plan national, régional et local.
À la récente édition 2007 du MIPIM, une trentaine de Québécois étaient présents en provenance tant de Québec que de Montréal, dans les domaines de la gestion, de la construction, de l'investissement, du développement immobilier, et du développement économique (parcs scientifiques et thématiques.)
* (Collaboration spéciale: l'auteur, Philippe Gabelier, a été directeur général de la Caisse de dépôt à Québec. Dernièrement il a mis sur pied la stratégie de Promotion économique et de prospection des investissements pour Pôle Québec Chaudière Appalaches. Aujourd'hui, il agit comme consultant auprès d'entreprises et d'organismes publics dans les domaines des communications, de la stratégie et du développement des affaires.)