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La souveraineté plus que jamais d’actualité selon Jacques Parizeau

Jean-Pascal Lavoie par Jean-Pascal Lavoie
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Article mis en ligne le 24 mars 2007 à 11:14
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La souveraineté plus que jamais d’actualité selon Jacques Parizeau
«L’idée de l’indépendance de notre pays est une idée très forte. Il ne faut pas hésiter à la pousser avec enthousiasme.»
La souveraineté plus que jamais d’actualité selon Jacques Parizeau
Les discours de Jacques Parizeau dans les universités sont un incontournable de chaque campagne électorale. De passage à l’Université Laval, Québec Hebdo a eu la chance de rencontrer en entrevue un homme qui sait «mâcher de la gomme et marcher en même temps».
Venu appuyer son ami de longue date et candidat du Parti Québécois dans Louis-Hébert, Me André Joli-Cœur, Jacques Parizeau a fait salle comble à l’Université Laval. Comme à l’habitude, il y a trouvé un auditoire suspendu à ses lèvres, qu’il parle de l’actuelle élection ou de la souveraineté.

En entrevue quelques instants après son discours, Québec Hebdo lui a demandé pourquoi la souveraineté semble tant passionner les jeunes lors de ses discours, alors que le sujet laisse la population froide.

«Il y a énormément d’attaques à l’endroit du référendum, explique M. Parizeau. C’est ce que j’appelle le syndrome du marteau. On veut construire une maison et on s’obstine sur le marteau.»

Le débat sur la souveraineté semble effectivement escamoté par un débat sur le référendum. C’est bien connu, les gens ne veulent pas d’un référendum. Par contre, l’appui à la souveraineté est toujours présent dans les sondages. C’est pourquoi, lorsque Jacques Parizeau fait un discours, c’est de souveraineté qu’il entretient son auditoire et non de référendum.

«Je n’ai jamais vu une salle sauter sur ses pieds à la mention d’un référendum. Ce n’est que de la mécanique, de la technique», dit-il en ajoutant que ce n’est d’ailleurs pas le seul moyen de faire l’indépendance. «Mais, c’est une promesse vieille de 34 ans que le Parti Québécois s’est engagé à tenir.»

Dans le même ordre d’idées, il rejette les affirmations selon lesquelles les jeunes se désintéresseraient de la politique. «Lorsque l’on s’adresse aux jeunes à propos de choses qui les intéressent, ils participent. Lors du référendum de 1995, les 18 à 24 ans ont voté à près de 90%!»

À ceux qui craignent qu’une campagne référendaire paralyse toutes les ressources de l’État et l’éloigne des autres priorités, il cite en exemple les réalisations de son gouvernement pendant la campagne de 1995. «On peut mâcher de la gomme et marcher en même temps. On le sait, on l’a fait en 1995!»

Jacques Parizeau soutient que la souveraineté rejoint les préoccupations des jeunes et que dans l’état actuel des choses, elle est plus nécessaire que jamais.

«La mondialisation fait peur. Les gens cherchent quelqu’un pour les protéger de ses dérives. Vers qui se tournent-elles pour trouve cette protection? Vers leur gouvernement!»

Il cite en exemple le Sommet des Amériques tenu à Québec en 2001 et les négociations de l’Accord multilatéral sur les investissements (AMI) quelques années auparavant à Montréal. «dans le fond, ce que les manifestants demandaient, c’était que leur gouvernement protège leurs droits.»

M. Parizeau explique que, dans les deux cas, la population n’était pas tenue au courant des discussions et négociations menées par le gouvernement fédéral et qu’à chaque fois, c’est un dirigeant étranger qui «heureusement» a fait avorter les discussions.

«Nous avons besoin plus que jamais dans ce monde d’un gouvernement à nous, plus près de nos préoccupations et de nos valeurs», lance celui qu’André Joli-Cœur surnomme «notre père actuel de l’indépendance».

Pour M. Parizeau, la souveraineté du Québec est le seul moyen de se doter de ce type de gouvernement. À ceux qui serait séduit par la proposition autonomiste de l’ADQ, il rappelle qu’elle repose toujours sur le bon vouloir du gouvernement en place à Ottawa. «Ce n’est jamais le Québec qui empiète sur les juridictions d’Ottawa, c’est plutôt le contraire. Des fois le fédéral empiète plus, des fois moins, mais ça reste toujours hors de notre contrôle.».

De la même façon que le référendum est le marteau nécessaire à la construction de la maison, pour Jacques Parizeau, le Parti Québécois est le seul véhicule qui peut mener à la souveraineté. «On peut ne pas aimer tel ou tel politicien, mais l’élection du Parti Québécois reste le seul moyen de se donner un pays.»

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