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Vers un test pour évaluer le risque infantile de développer la schizophrénie

Article mis en ligne le 18 mars 2007 à 15:15
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Vers un test pour évaluer le risque infantile de développer la schizophrénie
Une équipe du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard (CRULRG) a progressé de façon significative vers la découverte d’une façon de déterminer si un enfant est susceptible de souffrir un jour de schizophrénie ou de maladie bipolaire. Les travaux de l’équipe dirigée par Michel Maziade, directeur du CRULRG, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génétique des troubles neuropsychiatriques, seront présentés à l'International Congress on Schizophrenia Research qui aura lieu le 31 mars prochain à Colorado Springs, aux États-Unis.
La schizophrénie et la maladie bipolaire sont des problèmes de santé qui s’amorcent tôt dans la vie, mais qui ne se sont diagnostiqués que vers l’âge de 20 ou 25 ans. Les sujets de l’étude du professeur Maziade, un groupe de 45 jeunes provenant de familles fortement affectées par la schizophrénie ou la maladie bipolaire, n’avaient pas encore reçu de diagnostic de ces maladies. Par contre, ils provenaient de familles où l’incidence de ces troubles est de 15 à 20 fois plus élevée que dans le reste de la population et l’un de leurs parents en était atteint.

Une batterie de tests neuropsychologiques ont révélé que ces jeunes – non affectés par la maladie mais à haut risque – obtenaient des résultats nettement inférieurs à ceux d’un groupe témoin à des tests de mémoire et de tâches exécutives (planification, classification et interprétation d’informations). «Ces tests mettent en lumière des dysfonctions mesurables du cerveau à l’enfance ou à l’adolescence qui pourraient servir de marqueurs précoces de la maladie, explique Michel Maziade. Nous pourrions y avoir recours pour estimer le risque qui pèse sur un enfant dès l’âge de trois ou quatre ans, comprendre le mécanisme et élaborer des traitements préventifs.»

La schizophrénie et la maladie bipolaire prennent de nombreuses formes et il n’existe pas encore de tests biologiques permettant de confirmer rapidement et hors de tout doute un diagnostic. La schizophrénie affecte 1 % de la population canadienne. Quand à la maladie bipolaire, elle toucherait environ 2,6 % des Canadiens de 25 à 64 ans au moins une fois au cours de leur vie.
Efforts de longue haleine
Le CRULRG poursuit depuis 1989 une étude génétique à laquelle participent 2000 membres de 46 grandes familles de l’Est du Québec affectées par ces maladies. Cette étude a permis la découverte de dix sites génomiques de susceptibilité qui sont partagés par les deux maladies dans le bagage héréditaire des familles participantes.
Les dysfonctions révélées par les tests neuropsychologiques se sont aussi avérées très similaires peu importe si les jeunes provenaient de familles à risque de schizophrénie ou de maladie bipolaire. «Les deux maladies partagent beaucoup de points en commun. On peut penser qu’elles ont une cause commune et que quelque chose d’autre vient éventuellement leur apporter leur spécificité», avance le professeur Maziade.

Pour le chercheur, les résultats qu’il livrera lors du congrès international sont porteurs d’espoir. «Les médicaments disponibles présentement traitent les symptômes, mais pas les causes de la maladie. Nos résultats constituent une nouvelle encourageante parce qu’ils nous mettent sur la piste des mécanismes causaux et nous rapprochent ainsi d’un traitement plus efficace. Ils ouvrent aussi des brèches du côté de la prévention parce que l’identification précoce des enfants à risque nous permettra de mieux les encadrer, en particulier dans leur apprentissage scolaire qui s’avère souvent difficile.»

Outre Michel Maziade, l’équipe du CRULRG qui a réalisé cette étude était formée de Nancie Rouleau, Chantal Mérette, Marc-André Roy, Nathalie Gingras, Marie-Eve Paradis et Valérie Jomphe.

* (Source: Université Laval)

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