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Fêtes du 400e: «tout va très bien Mme la marquise...»

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Article mis en ligne le 9 mars 2007 à 9:20
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Fêtes du 400e: «tout va très bien Mme la marquise...»
Au moment d'écrire ces lignes, nous souhaitons tous le retour du beau temps, le soleil radieux et réchauffant, les oiseaux sifflotant leur ritournelle et la dolce vita sur une plage ou dans la piscine familiale un cocktail rafraîchissant à la main. Oui mais... En comptant bien sur nos doigts, on constate que nous en sommes à neuf mois, le temps d'une gestation, avant le premier janvier 2008 et le coup d'envoi des Fêtes du 400e anniversaire de Québec. Quel sera donc le bébé tant attendu?
Jusqu'à présent, je m'étais abstenu de tout commentaire sur l'organisation des festivités maintenant présidée par l'homme d'affaires réputé, Jean Leclerc. À un an des célébrations, je maintenais encore ma confiance à l'organisation envers laquelle les critiques commençaient à fuser. J'ai laissé filer la crise engendrée par la mairesse Andrée P. Boucher en rapport avec les Championnats mondiaux de hockey avant d'analyser une situation qui commence à semer des doutes. Voilà qu'un tour d'horizon de plusieurs intervenants du milieu des affaires et socioculturels de Québec m'oblige à faire part d'une inquiétude légitime et généralisée.
On déplore un tout petit rien...
D'abord la programmation. On en sait peu de chose. Rien d'excitant qui autorise de rabattre dans la Capitale toute la diaspora familiale ou les amis de l'étranger. On parle d'un défilé du Carnaval rehaussé par la présence de français. Un loustic affirmait qu'il s'agirait d'un défilé son, couleur et odeur de fromage à base d'un vachibou monté par Bonhomme. On promet des Grands Feux plus éclatant, un Spectacle aérien à la brunante avec la présence d'appareils et d'escadrons représentant des pays qui ont contribué à bâtir le Québec, un Festival de musiques militaires à grand déploiement, etc. Il s'agit là d'événements déjà bien installés dans notre culture et qui n'ont rien à voir avec le génie créatif d'une corporation chargée d'animer le 400e de Québec.
Des innovations sont quand même à souligner. On annonçait un spectacle sur les toits du Musée de la Civilisation mis en scène par Franco Dragone. Robert Lepage prépare un multimédia projeté sur les silos à grain de la Bunge. Concepteur hors du commun reconnu, Lepage n'est pas pour autant célèbre pour sa propension à s'adresser à tous. Il faut reconnaître que le grand artiste s'adresse essentiellement à une clientèle branchée, élitiste qui n'a rien à voir avec les masses populaires qu'on voudra attirer et ravir sur les quais du Vieux-Port ou à la Place du 400e.

On est loin de l'élément rassembleur et spectaculaire qu'a été La Fabuleuse histoire d'un royaume créée par Ghislain Bouchard, mise en scène par Louis Gauthier et avec l'impeccable narration du comédien Michel Dumont, tous des Saguenéens pure laine qui ont pavé la voie à une prestation étonnante et spectaculaire de 200 comédiens amateurs de la région. Le succès a été tel, que le spectacle qui ne devait être présenté qu'une saison est encore à l'affiche, près de 20 ans plus tard, et a été présenté devant près d'un million de spectateurs tout en engendrant une kyrielle de productions régionales du même type, notamment en Abitibi et à Drumondville.

On a aussi beaucoup misé sur la visite du Pape Benoît XVI. On craint maintenant qu'il fasse faux bond, préférant participer à des Journées mondiales de la jeunesse en Australie. Considérant son âge, on pense que l'homme d'Église ne s'accorderait qu'un seul voyage hors de Rome à l'été 2008. Inquiétant. Pour l'heure, le 400e est davantage un prétexte à mettre aux normes certaines infrastructures telles l'aéroport ou les berges du fleuve. Dans la même veine, la France s'est engagée à compléter des travaux majeurs au Musée de l'Amérique Française. Loin de moi l'idée de renier ces legs importants, mais il n'est pas sûr que ces investissements soient de nature à exciter l'esprit festif de la population québécoise, sinon une certaine élite.
Encore la montréalisation
Quant aux gens d'affaires et aux créateurs locaux, ils se plaignent d'être laissé pour compte aux profits de Montréalais. Des entrepreneurs régionaux qui œuvrent régulièrement dans à peu près tous les grands événements locaux ont fait part de leur mécontentement et de leur désillusion à Québec Hebdo affirmant vertement que «tous les contrats s'en vont à Montréal... On va chercher le "know how" à l'autre bout de la 20 comme si ici nous n'avions pas de compétences... Si ça continue, 1984 aura été un grand succès...»
Enfin, au niveau de l'organisation comme telle, on a assisté à une véritable valse au niveau de la présidence passant de Roland Arpin, à Raymond Garneau, à Pierre Boulanger et maintenant Jean Leclerc dont certains murmurent, à tort ou à raison, qu'il ne demanderait pas mieux que de trouver une élégante porte de sortie. Par ailleurs, on note un fort mouvement de personnel et on rapporte d'importants problèmes de communications à l'interne. Pour ajouter au climat d'insécurité, la mairesse Boucher continue de déclarer que selon ce qu'elle en sait, tout va bien. Pourtant, on nous rapporte aussi qu'elle serait à la veille de mettre le pied à terre pour exiger des comptes. Peut-être allons nous revivre l'épisode du début de l'année dans l'épineux dossier du Championnat mondial de hockey.

«Mais à part ça, Mme la marquise, tout va très bien tout va très bien...»

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