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Le modèle syndical-patronal en mutation

D'Olymel au Massif

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Article mis en ligne le 9 février 2007 à 10:00
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Le modèle syndical-patronal en mutation
D'Olymel au Massif
Il est heureux que les travailleurs syndiqués (CSN) du Massif de la Petite-Rivière-Saint-François aient accepté massivement (86%) les offres du promoteur Daniel Gauthier. Le projet de développement récréotouristique de 230 M$ qui s'étendra du Massif jusqu'à Baie Saint-Paul est novateur et porteur de grands espoirs dans une région dont l'économie repose sur de trop courtes saisons touristiques.
Son impact débordera largement le secteur de Charlevoix Ouest car c'est toute la région de la Capitale qui bénéficiera de retombées importantes. C'est en effet par Québec, grâce au réseau routier et à nos infrastructures d'accueil, dont notre important réseau hôtelier et de restauration, que transiteront les milliers de touristes en direction de Charlevoix. L'attente a été longue. La réflexion syndicale semble avoir été pénible. Néanmoins, le gros bon sens a finalement triomphé et les 139 syndiqués du Massif viennent de conclure un partenariat où ils seront appelés à jouer un rôle majeur.
Le cas Olymel
Malheureusement, dans la même semaine, la chorale syndicale a chanté faux à Vallée-Jonction. En fait, les employés d'Olymel ont tenté un coup de poker qui ne leur a pas réussi. Résultats de l'exercice: si le scénario annoncé suit son cours, le 25 mai prochain 1 100 travailleurs beaucerons et de la rive-sud de Québec devront se trouver un nouvel emploi. Près de 600 fermes d'élevage porcin devront diriger leur production vers d'autres usines d'abattage, au Québec, en Ontario ou aux États-Unis, entraînant des coûts de transport plus élevés. Or, la production de porcs en Beauce est fort importante: 20% de la production québécoise. Inévitablement, la demande se fera sentir davantage sur les usines qui devront dorénavant recevoir le million de porcs que produit la Beauce annuellement et les débordements risquent d'atteindre des proportions qui vont déséquilibrer une industrie déjà fragilisée.
Il est plausible qu'Olymel ait coulé 50 M$ au cours des trois dernières années à son usine de Vallée-Jonction. Les dirigeants syndicaux revoient cette somme à la baisse. Néanmoins, il importe peu que la perte estimée soit de 35, 20 ou 15 M$. Il y a perte importante, point final! Aucune entreprise ne peut résister à une telle situation.

On peut toutefois s'interroger sérieusement sur les pratiques de gestion qui règne chez Olymel. Dans une industrie cyclique, aux prises avec une sérieuse compétition, provenant particulièrement du Japon, comment un administrateur compétent et sérieux peut-il signer une convention collective qui prévoit des salaires et des avantages sociaux qui frisent les 30 $ l'heure quand la moyenne de l'industrie est d'au plus 17 $? Si on veut «acheter» la paix syndicale, il faut s'attendre à en payer le prix. Les lois du marché risquent de nous rattraper plus tôt que tard. Par ailleurs, comment peut-on décemment demander à ses employés de se serrer la ceinture alors que, du même souffle, on accorde une augmentation de 2%, la troisième en trois ans, à ses 1 234 employés cadres?
Nouvelle donne
Quant au coup de poker syndical, il repose essentiellement sur le fait que les régions de Québec et Chaudière-Appalaches frôlent actuellement le plein-emploi. Les entreprises beauceronnes multiplient les astuces pour recruter une main-d'œuvre compétente et offrent des salaires très concurrentiels. Dans ces conditions, la donne change. La pression s'exerce maintenant davantage sur l'employeur qui doit faire face au discours: «Si tu ne veux pas rencontrer nos exigences, on ira voir ailleurs...» De plus, en cette ère de mondialisation et de globalisation, lorsque la compétition est si forte et que l'entreprise est en péril, l'employeur doit négocier à reculons. C'est la nouvelle réalité du travail dans des régions où l'économie est la plus florissante au pays.
Autant dans Charlevoix qu'à Vallée-Jonction, la partie syndicale avait beau jeu. Dans un cas, on était plus réaliste que dans l'autre. Au Massif, le ballon a roulé, alors qu'en Beauce, il a crevé. Mais, dans les deux cas, ce sont les décisions syndicales qui ont clos le dossier. Or, dans notre économie de quasi plein-emploi, la situation va sûrement se répéter. Si la société en général est en mutation, les règles des relations de travail le sont également. À moins qu'à la faveur des campagnes électorales qui s'annoncent, un sage politicien fasse surgir de sa lampe d'Aladin un trait de génie qui puisse sauver l'usine in extremis.

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