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Nouveau pas vers un vaccin contre la maladie de Lou Gehrig

Article mis en ligne le 1 février 2007 à 16:25
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Nouveau pas vers un vaccin contre la maladie de Lou Gehrig
Le Dr Jean-Pierre Julien, professeur à la Faculté de médecine de l'Université Laval et chercheur au Centre hospitalier universitaire de Québec, publie aujourd'hui des résultats intéressants dans sa lutte contre la sclérose latérale amyotrophique (SLA), mieux connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig.
Le professeur Julien et son équipe ont en effet réussi à retarder les premières manifestations de la maladie et à prolonger la vie de souris atteintes de SLA grâce à un vaccin. Les résultats de cette recherche prometteuse paraissent aujourd'hui dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

La SLA est une maladie qui se caractérise par une dégénérescence des neurones qui contrôlent l'activité musculaire. Cette atteinte des neurones moteurs, dont les premières manifestations surviennent à l'âge adulte, entraîne un affaiblissement progressif des bras et des jambes, suivi d'une paralysie musculaire et, de deux à cinq années plus tard, par des problèmes respiratoires graves qui conduisent à la mort. Il n'existe présentement aucun traitement pour stopper cette maladie qui frappe une personne sur 1 000.

L'équipe du Dr Julien a déjà montré qu'une partie des cas familiaux de la SLA est causée par l'action d'une protéine mutante, la SOD1, sur des cellules du cerveau. Cette découverte a lancé l'équipe du professeur Julien sur une nouvelle piste thérapeutique. «Nos résultats laissaient croire qu'il serait possible de prévenir la mort des neurones moteurs en débarrassant le cerveau de la protéine mutante SOD1 extracellulaire avant qu'elle s'accumule et qu'elle cause des dommages permanents«, signale le chercheur.

Pour tester cette idée, l'équipe a mis au point un vaccin contenant la protéine SOD1 mutante. L'inoculation de cette protéine en très faibles doses stimule la production d'anticorps capables de la détruire et prépare ainsi le système immunitaire à mieux répondre à un afflux de SOD1 lorsque la maladie se déclare.

«L'immunothérapie pour traiter les maladies du cerveau et de la moelle épinière est une approche nouvelle et très prometteuse. Accueillie avec beaucoup de scepticisme il y quelques années, cette approche a fait ses preuves comme le montre la présente étude sur le traitement de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), et elle est maintenant bien acceptée par le milieu scientifique. Cette étude met clairement en évidence la nécessité de mener de l'excellente recherche fondamentale qui, selon moi, ouvre la porte à de véritables percées en recherche médicale», soutient le Dr Rémi Quirion, directeur scientifique de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

Contrairement à un vaccin comme celui de la grippe, qui conduit ultimement à la destruction du virus, le type de vaccin expérimenté par les chercheurs attaque les protéines mutantes mais ne les élimine pas complètement, de sorte qu'on ne peut espérer de guérison totale. Environ 20 % des cas familiaux de SLA, soit 5 % de tous les cas, sont causés par des mutations de la SOD1.

«Les résultats encourageants que nous avons obtenus avec des souris qui expriment la forme familiale de la SLA nous portent à croire que la vaccination constitue une approche thérapeutique prometteuse. Cette même approche pourrait s'avérer intéressante pour traiter la forme plus courante de SLA, si on découvrait la protéine qui en est responsable», avance Jean-Pierre Julien.

Le chercheur étudie maintenant des façons d'injecter directement dans le sang des anticorps prêts à attaquer la protéine mutante. Il croit qu'en agissant ainsi, le traitement serait plus efficace et plus sûr car il affecterait moins le système immunitaire. Cette recherche a été financée par les IRSC et le Robert Packard Centre for ALS research de l'Université Johns Hopkins.

* (Source: Centre de recherche du CHUL à l'Université Laval)

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