Pascal-Pierre Paillé s’investit depuis maintenant six ans dans la prévention du suicide chez les jeunes. (Photo François Simard)
«La pire stratégie est de refuser d’en parler»
Pascal-Pierre Paillé s’investit pour contrer le suicide chez les jeunes
Depuis quelques années, le Carougeois Pascal-Pierre Paillé mène à sa façon une lutte de tous les jours contre le suicide chez les jeunes en présentant notamment des conférences dans les écoles secondaires de la région. «Même si c’est un sujet sensible, il faut en parler ouvertement avec les élèves et leur faire comprendre que le suicide n’est pas une option et qu’il existe plusieurs ressources pour leur venir en aide en cas de crise», souligne-t-il.
Enseignant en éducation physique à l’école secondaire Cardinal-Roy de Québec, Pascal-Pierre Paillé ne prétend pas détenir toutes les solutions pour enrayer le fléau du suicide chez les jeunes. Mais il estime que la pire des stratégies est certainement de refuser d’affronter le problème de front.
«Il y a quelques années, un jeune de 16 ans de mon quartier s’est enlevé la vie et ça m’a beaucoup troublé, explique-t-il, rappelant que le suicide est la première cause de mortalité au Québec chez les hommes de 15 à 29 ans. J’ai alors développé un intérêt pour l’intervention auprès des jeunes mais je me suis rendu compte que ça me prenait une formation.»
Ce dernier s’est donc inscrit à l’Université Laval où il a complété un baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et à la santé. Parallèlement à ses études, il a construit une conférence sur la connaissance et l’estime de soi qu’il a tout d’abord présentée à différents groupes de l’école des Grandes Marées de Cap-Rouge.
«La réponse a été très positive et j’ai ensuite été invité dans d’autres écoles de la Commision scolaire des Découvreurs et de la région, mentionne-t-il. J’ai ainsi rejoint plus de 2000 élèves en deux ans.»
Efforts de prévention
Au cours de ses présentations, Pascal-Pierre met l’accent sur l’importance d’apprendre à se connaître et à se respecter. Il souhaite notamment amener les jeunes à être plus attentifs à ce qui les entoure et à déceler des comportements problématiques chez les gens qu’ils côtoient.
«Il y a une stratégie très bien ficelée pour ce qui est de la postvention mais il faut admettre que nous avons de graves lacunes au chapitre de la prévention, soutient-il. Les jeunes sont très mal informés et ils sont souvent laissés à eux-mêmes.»
Ce dernier croit que les enseignants devraient réserver plus de temps dans leurs cours pour discuter avec leurs élèves et leur faire prendre conscience qu’il y a des ressources pour les aider. «Il y a là de belles opportunités de développer des liens avec les jeunes, affirme-t-il. L’école, c’est leur milieu de vie et c’est certainement le meilleur endroit pour agir.»
Le jeune professeur de 28 ans prêche par l’exemple en consacrant au moins une dizaine de minutes de chacun de ses cours d’éducation physique à des discussions sur différents sujets.
Interpellé l’an dernier par le suicide d’un jeune Carougeois bien connu et apprécié de la communauté, Pascal-Pierre Paillé a participé activement à l’élaboration de l’événement OD 2006, une compétition de «break dance» et un spectacle de rap tenus à l’école des Grandes-Marées ayant permis d’amasser plus de 2000$ pour le Centre de prévention du suicide. L’activité qui avait attiré près de 500 personnes sera de retour cette année et devrait d’ailleurs prendre de l’ampleur.
Signalons que plusieurs rendez-vous intéressants sont proposés dans le cadre de la Semaine nationale de prévention du suicide qui se déroule du 4 au 10 février. Une journée spéciale ayant pour thème «Jeunesse en péril ? des actions, des solutions» est notamment organisée le 8 février au Grand Salon du pavillon Desjardins de l’Université Laval.
Conférences, kiosques et tables de discusion sont au programme de 8 h à 16 h 20. L’événement sera suivi, à 19 h 30, d’un spectacle bénéfice au profit du programme «Les Amis de Zippy» (voir autre texte).
Pour plus d’information sur cette journée, il suffit de contacter le Centre de prévention du suicide de Québec en téléphonant au 683-0933.