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La guerre de Québec s'engage

Après le «mystère de Québec»

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Article mis en ligne le 26 janvier 2007 à 11:00
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La guerre de Québec s'engage
Après le «mystère de Québec»
À n'en point douter, la région de Québec fait déjà l'objet de grandes convoitises de la part des formations politiques fédérales, plusieurs lunes avant que la campagne ne s'engage vraiment. Les manifestations du début de la semaine mettant en vedette Conservateurs et Libéraux en ont été les preuves les plus éloquentes.
Dans les deux cas, les organisations ont mobilisé plus de 300 partisans, quelques visages apparaissant curieusement aux deux rencontres. Dans les deux cas, on a marqué des points.

Réunis autour de Josée Verner et de Lawrence Cannon, les Conservateurs affichaient fièrement le bilan de leurs réalisations. Les dossiers du réaménagement de l'aéroport Jean-Lesage et de la contribution fédérale aux Fêtes du 400e ont retenu l'attention. On a cependant passé sous silence que ces deux dossiers étaient à toute fin pratique réglés sous l'ancienne administration. On a seulement révisé quelques virgules avant d'y apposer l'imprimatur conservateur. Par contre, on aurait pu ajouter le dossier controversé de l'Agora qui, sous la tutelle du PCC, a enfin trouvé un dénouement populaire. On pourrait aussi parler des fermetures du Zoo et du Centre de tri postal que n'a pu stopper l'équipe au pouvoir. En somme, si les Conservateurs ont connu une bonne première année de mandat, la note n'est pas parfaite.

Chez les Libéraux, la réunion du caucus, les sorties publiques du nouveau chef Stéphane Dion dans son patelin d'origine et le cocktail de mardi ont sonné ce qui semble être le ralliement des troupes. Il est fréquent qu'au sortir d'un congrès au leadership les plaies tardent à se cicatriser au sein de toute formation politique. Or, au premier abord, on découvre un Stéphane Dion, personnage loin d'être doué d'un grand charisme, qui manœuvre habilement pour réunifier ses troupes. À l'évidence, il semble bien y parvenir. Ombre au tableau, plusieurs observateurs auront noté l'absence de l'ex-députée et figure de proue régionale Hélène Scherrer, qui avait pourtant déjà annoncé à l'auteur de ces lignes son intention de joindre le nouveau chef.
Le grand défi
Les deux rencontres simultanées à Québec, ajoutées aux fréquentes visites de Gilles Duceppe et à l'ouverture de bureaux régionaux pour chacun des grands partis politiques annoncent que la cité de Champlain deviendra un champ de bataille féroce au cours des prochains mois.
D'une part, les Conservateurs voudront rééditer le «mystère de Québec». Ils n'auront pas la vie facile. Les victoires surprises en 2006 dans Louis-Hébert, Charlesbourg-Haute-Saint-Charles et Beauport-Limoilou ne se répéteront pas facilement. Pour peu que les Libéraux et les Bloquistes opposent des candidats d'envergure aux députés en place, ils pourraient arracher quelques comtés. Dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, un vent de sympathie semble déjà accompagner le syndicaliste Denis Courteau, qui défendra les couleurs du Bloc québécois contre un Daniel Petit fragilisé par une série de bourdes qui ont marqué sa première année de mandat.

D'autre part, le défi des Libéraux consiste à constituer une nouvelle équipe qui permettra de tourner définitivement la page sur l'histoire des commandites. Au plan régional, on cherchera à éviter une nouvelle culbute par des organisations déployées tôt sur le terrain, comté par comté, et avec une équipe renouvelée par l'arrivée de candidats prestigieux qui sauront rallier une bonne partie de l'électorat. Les Libéraux sont des gens de pouvoir. Ils vont tout faire pour éviter l'humiliant échec de l'an dernier.

Stratégiquement, la région pourrait paver la route vers le pouvoir pour les deux grands partis nationaux. Pour un, les Conservateurs comptent sur nous comme tremplin vers la conquête d'autres comtés au Québec, pour contrebalancer des pertes dans l'Ouest qui pourraient être attribuables au réglement du déséquilibre fiscal au détriment de l'Alberta. Les Libéraux profiteront d'un chef originaire de Sillery, susceptible de susciter un préjugé favorable dans l'administration des affaires publiques au lendemain de l'élection. Quant au Bloc québécois, la rumeur court que la survivante Christiane Gagnon fera face à une grosse pointure conservatrice. On devra mettre tous les efforts pour sauver le comté et en regagner quelques-uns. On peut cependant estimer dès à présent que la lutte se fera davantage entre Libéraux et Conservateurs, le parti de Gilles Duceppe risquant d'être relégué à nouveau au rang de tiers parti.

Pour l'heure, nul ne peut prédire l'issue d'une course électorale dont on ignore encore quand elle sera déclenchée. Néanmoins, les premières salves ont éclaté en début de semaine. La guerre de Québec est amorcée.

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