La région de Québec une nouvelle Beauce
La région de Québec aussi entrepreneuriale que la Beauce? C'est ce qu'a soutenu François Dupuis, vice-président et économiste en chef du Mouvement Desjardins, devant les membres de la Chambre de commerce des entrepreneurs de Québec.
Invité à exposer les perspectives économiques pour le Québec en 2007, M. Dupuis a dressé un portrait plutôt avantageux de la région de Québec. Si la situation s'annonce moins rose dans les régions ressources et à Montréal, Québec semble échapper au ralentissement économique généralisé.
«Contrairement à l'ensemble du Québec où le message est partagé, affirme M. Dupuis. À Québec, ça va très bien et ça ne se terminera pas de sitôt.»
Parmi les facteurs qui permettent à la région de surpasser Montréal depuis 2001 en termes de croissance économique, M. Dupuis relève entre autres le virage technologique et la diversification économique, la poussée de la construction et des investissements en entreprises et les conditions propices à l'implantation de nouvelles entreprises.
«Avant, on parlait beaucoup de l'esprit d'entrepreneurship des gens de la Beauce, soutient l'économiste en chef de Desjardins. Je crois que Québec est maintenant rendu à cette étape».
M. Dupuis en veut pour preuve l'essor fulgurant des emplois ne relevant pas de la fonction publique depuis quelques années. Alors qu'en 1999, quelque 283 000 emplois dans la région ne provenaient pas de la fonction publique, en 2006 plus de 335 000 emplois relèvent du privé. «Les gens se sont pris en main. L'économie s'est diversifiée, de nombreux centres de recherche ont vu le jour.»
Des défis
«Québec a réussi à avoir une hausse importante de son PIB, malgré une croissance démographique relativement faible. C'est une recette qui devrait être exportée», lance M. Dupuis.
Cette boutade cache néanmoins une vérité qui risque de faire mal à la région à moyen terme. «Le point faible est définitivement la démographie, affirme l'expert. Il faut que la région attire davantage de travailleurs et qu'elle réussisse à garder ses diplômés.» Un manque de main-d'œuvre finira assurément par freiner la croissance de l'économie.
M. Dupuis souligne également que l'unilinguisme de la population est un problème auquel il faut s'attarder. L'ouverture vers les nouveaux marchés, la poursuite de la diversification économique et l'augmentation des investissements sont autant de défis à relever pour la santé économique de Québec.